Personnalités du Montparnasse
Les allées du cimetière du Montparnasse rassemblent des figures dont les œuvres, les paroles ou les gestes ont marqué leur temps. Écrivains, artistes, penseurs, musiciens, comédiens : certains noms sont célèbres, d’autres plus discrets, mais tous participent à la mémoire du lieu.
Cette page propose un parcours alphabétique parmi ces personnalités, sans hiérarchie ni exhaustivité. Elle invite à lire, à reconnaître, parfois à découvrir. En cliquant sur chaque portrait, le visiteur accède à une notice biographique détaillée. Certaines notices sont encore en cours de rédaction et seront progressivement enrichies.
A
Louise Abbéma
1853 - 1927 - Louise Abbéma est une artiste peintre française. Elle est proche de la comédienne Sarah Bernhardt, dont elle réalise plusieurs portraits. Son style, influencé par l'impressionnisme, se distingue par sa finesse et son élégance. Elle réalise aussi des décors muraux et des œuvres décoratives. Artiste reconnue de son vivant, elle participe à la vie culturelle de la Belle Époque et s'impose comme l'une des femmes peintres importantes de son temps.
Alexandre Adler
1950 - 2023 - Alexandre Adler est un journaliste et historien. Spécialiste de géopolitique, il s'intéresse particulièrement aux relations internationales et au monde contemporain. Reconnu pour ses analyses, il participe à de nombreux débats télévisés et radiophoniques. Il enseigne également l'histoire et la géopolitique dans plusieurs institutions. Proche de certains milieux politiques, ses positions suscitent parfois la controverse.
AGAR
1832 – 1891 — Grande tragédienne du XIXe siècle, elle rivalise sur les scènes parisiennes avec Sarah Bernhardt. Son jeu, puissant et maîtrisé, impose une présence dramatique qui marque durablement l’art théâtral de son temps.
Alexandre ALEKHINE
1892 – 1946 — Champion du monde d’échecs franco-russe, figure légendaire de la discipline, il reconquiert son titre peu avant de disparaître. Stratège génial, son nom demeure associé aux plus hautes heures du jeu.
Francisco AMOROS
1770 – 1848 — Pédagogue visionnaire, il introduit en France la pratique de la gymnastique dans l’enseignement scolaire, jetant les bases d’une éducation physique moderne et structurée.
Robert ANTELME
1917 – 1990 — Écrivain et intellectuel, auteur de L’Espèce humaine, il livre un témoignage essentiel sur l’univers concentrationnaire nazi. Son œuvre, d’une rigueur morale absolue, demeure l’un des textes majeurs du XXe siècle. Il fut l’époux de Marguerite Duras.
Étienne ARAGO
1802 – 1892 — Républicain convaincu, homme de lettres et de théâtre, il traverse le XIXe siècle en défenseur constant des idéaux libéraux et démocratiques.
Georges ARDITI
1914 – 2012 — Peintre engagé et résistant, il développe une œuvre libre, guidée par l’élan intérieur plus que par les courants esthétiques dominants. Sa peinture privilégie l’âme à la mode.
Michèle ARNAUD
1919 – 1988 — Productrice et chanteuse, surnommée « la fiancée des Français », elle révèle de nouveaux talents, dont Serge Gainsbourg. Figure élégante et influente de la chanson d’après-guerre.
Françoise ARNOUL
1931 – 2021 — Actrice emblématique du cinéma français des années 1950 et 1960, elle incarne une modernité sensuelle et libre, longtemps éclipsée dans la mémoire collective par Brigitte Bardot.
Raymond ARON
1905 – 1983 — Philosophe, sociologue et journaliste, il s’oppose avec lucidité aux existentialistes menés par Sartre. Penseur atlantiste, critique du totalitarisme, il demeure l’un des grands esprits indépendants du XXe siècle.
Claudine AUGER (ou Oger)
1941 – 2019 — Élue Miss Cinémonde en 1957, elle devint la première James Bond Girl dans Opération Tonnerre (1965), aux côtés de Sean Connery.
Tina AUMONT
1946 – 2006 — Fille de Jean-Pierre Aumont et de Maria Montez, elle impose très tôt une beauté singulière, presque inquiète. Elle mène l’essentiel de sa carrière en Italie, où son visage, plus qu’un rôle, devient une présence.
Georges AURIC
1899 – 1983 — Compositeur, membre du Groupe des Six, il traverse le XXe siècle en artisan majeur de la musique française. On lui doit de nombreuses partitions pour le cinéma, où son sens du rythme et de la couleur dramatique fait merveille.
B
Chapour BAKHTIAR
1914 – 1991 — Dernier Premier ministre du chah d’Iran, il tente d’incarner une transition politique au moment où le régime vacille. Contraint à l’exil, il poursuit le combat depuis la France. Il est assassiné près de Paris, dans une affaire qui demeure l’une des plus sombres de l’histoire iranienne contemporaine.
Théodore de BANVILLE
1823 – 1891 — Poète et dramaturge, proche de Victor Hugo et de Baudelaire, il incarne une élégance formelle que son siècle admire. Critique influent, il contribue à façonner le goût littéraire du temps. Il est aussi l’un des premiers à reconnaître, avec clairvoyance, le génie d’Arthur Rimbaud.
Raymond BARRE
1924 – 2007 — Économiste reconnu, il dirige le gouvernement sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. Son nom reste associé à une culture de la rigueur et à une parole pédagogique, parfois redoutée, souvent respectée. Il demeure une figure marquante de la vie publique de la fin du XXe siècle.
Kate BARRY
1967 – 2013 — Photographe au regard sensible, elle construit une œuvre intime, attentive aux silences des visages. Fille de Jane Birkin, elle se tient pourtant à distance du seul éclat des lignées, cherchant une vérité plus nue. Elle repose aujourd’hui auprès de sa mère, dans ce cimetière qu’elles partagent.
Gérard BARTHELEMY
1938 – 2002 — Peintre et illustrateur, lauréat du prix de Rome en 1968, il s’inscrit dans une tradition exigeante du dessin. Son travail, précis et construit, privilégie la justesse de la ligne et le sens de la composition. Il laisse l’image d’un artisan fidèle à l’école du regard.
Auguste BARTHOLDI
1834 – 1904 — Sculpteur de renom, il donne au XIXe siècle quelques-unes de ses images les plus puissantes. Son nom demeure indissociable de La Statue de la Liberté, offerte par la France aux États-Unis. À travers elle, il inscrit dans la pierre et le cuivre une idée : celle d’un symbole destiné à traverser les océans et le temps.
Maryse BASTIÉ
1898 – 1952 — Pionnière de l’aviation, elle enchaîne records et traversées à une époque où voler relève encore de l’exploit. Militante, elle incarne aussi une conquête féminine de l’espace public et du risque. Elle trouve la mort lors d’un vol d’essai, comme si l’air qu’elle défiait avait été sa vraie patrie.
Sylvia BATAILLE-LACAN
1908 – 1993 — Actrice, elle demeure la figure lumineuse de Partie de campagne (Jean Renoir, 1936), où son visage semble retenir la grâce d’un été. Épouse de Georges Bataille, elle partage ensuite la vie de Jacques Lacan. À travers ces liens, elle traverse le XXe siècle au plus près des foyers intellectuels et artistiques de son temps.
Charles BAUDELAIRE
1821 – 1867 — Poète majeur du XIXe siècle, il ouvre une brèche décisive dans la littérature moderne avec Les Fleurs du mal. Sa langue, à la fois musicale et tranchante, saisit la ville, le désir, l’angoisse et l’idéal avec une intensité inédite. Il demeure, pour des générations d’écrivains, l’un des noms où la modernité prend feu.
Jean BAUDRILLARD
1929 – 2007 — Philosophe et sociologue, il observe la société de consommation comme un théâtre de signes, où les objets deviennent langage. Sa pensée, volontairement déroutante, questionne les évidences et renverse les perspectives. Il reste l’un des auteurs les plus singuliers pour comprendre les mirages du monde moderne.
Simone de BEAUVOIR
1908 – 1986 — Philosophe et militante, elle donne au féminisme une portée mondiale avec Le Deuxième Sexe. Son œuvre, nourrie d’éthique et d’expérience, interroge la liberté, le devenir, la condition humaine. Elle construit sa pensée en dialogue constant avec Jean-Paul Sartre, dont elle partage le destin intellectuel et affectif.
Jacques BECKER
1906 – 1960 — Cinéaste de premier plan, il impose un style à la fois sobre et nerveux, où la justesse des gestes compte autant que les dialogues. De Casque d’or à Touchez pas au grisbi, jusqu’à Le Trou, son regard épouse les êtres sans les trahir. Il laisse l’image d’un maître discret, admiré de ses pairs.
Samuel BECKETT
1906 – 1989 — Prix Nobel de littérature en 1969, il donne une voix radicale au théâtre de l’absurde. En attendant Godot devient l’emblème d’une attente universelle, dépouillée jusqu’à l’os. Son œuvre, tendue entre humour noir et désespoir lucide, continue d’éclairer nos inquiétudes.
Louis Jacques BEGIN
1793 – 1859 — Chirurgien, il appartient au monde savant et militaire du XIXe siècle, où la médecine progresse à pas rudes mais décisifs. Son nom demeure attaché à la tradition de santé des armées. Il laisse une trace durable dans la mémoire médicale parisienne.
Eugène BELGRAND
1810 – 1878 — Ingénieur visionnaire, il conçoit, avec Haussmann, le vaste réseau d’égouts de Paris sous le Second Empire. Son œuvre souterraine, invisible par nature, transforme pourtant durablement la ville. Il donne à la capitale une modernité sanitaire qui demeure l’un des socles de sa grandeur urbaine.
Paul BELMONDO
1898 – 1982 — Sculpteur reconnu, il cultive une esthétique classique et une élégance de facture que le siècle parfois dédaigne. Père de Jean-Paul Belmondo, il demeure dans l’ombre de la célébrité de son fils, non sans injustice. Ce dernier regrette d’ailleurs que son œuvre ne soit pas davantage honorée lors des grandes cérémonies du cinéma.
Valérie BENGUIGUI
1961/65 – 2013 — Comédienne et metteuse en scène, elle impose une présence à la fois vive, précise et profondément humaine. Le public la redécouvre et l’aime pour son sens du rythme, sa justesse, sa drôlerie sans dureté. Elle s’éteint prématurément, laissant une empreinte d’autant plus précieuse qu’elle demeure brève.
Pierre BÉNICHOU
1938 – 2020 — Journaliste, chroniqueur, conteur, il mêle l’érudition à la malice et fait de la conversation un art. Sa voix devient familière au fil des décennies, entre radio, presse et télévision. Il laisse l’image d’un esprit à la fois drôle et cultivé, capable de transformer l’anecdote en littérature orale.
Emmanuel BERL
1892 – 1976 — Journaliste, essayiste, écrivain, il traverse le XXe siècle en esprit libre, allergique aux certitudes. Sa pensée, mobile et critique, préfère la nuance au mot d’ordre. Il incarne une intelligence indépendante, volontiers voltairienne, qui se méfie des passions collectives.
Mireille BERL
1906 – 1996 — Fondatrice du Petit Conservatoire, elle forme et révèle des talents de la chanson française, dont Françoise Hardy. Sa pédagogie, exigeante et chaleureuse, marque plusieurs générations. Le public la surnomme affectueusement « la petite Mireille », tant sa présence demeure familière.
Georges BERNIER
1929 – 2005 — Sous le nom de Professeur Choron, il cofonde Hara-Kiri puis Charlie Hebdo et impose une insolence provocatrice, joyeuse et corrosive. Son esprit de liberté bouscule durablement la presse satirique française. Il demeure une figure à la fois contestée et indissociable de l’histoire de l’irrévérence.
Aloysius BERTRAND
1807 – 1841 — Auteur du mythique Gaspard de la nuit, il est souvent regardé comme le père du poème en prose. Son imaginaire, nocturne et ciselé, influence durablement la modernité littéraire. Il meurt dans la misère, laissant une œuvre brève, mais décisive.
Hubert BEUVE-MÉRY
1902 – 1989 — Résistant, il fonde Le Monde en 1944 à la demande du général de Gaulle, et façonne l’éthique d’un journal exigeant. Son attachement à l’indépendance le conduit toutefois à s’en éloigner à partir de 1962. Il demeure une figure tutélaire du journalisme français.
Jacques BINGEN
1908 – 1944 — Grand résistant, arrêté sur dénonciation, il met fin à ses jours pour ne pas parler ; son corps ne sera jamais retrouvé. Son nom se place aux côtés de ceux de Pierre Brossolette ou Jean Moulin, dans la mémoire du courage. Beau-frère d’André Citroën, il incarne l’honneur d’une génération jetée dans l’ombre.
Jane BIRKIN
1946 – 2023 — Comédienne et chanteuse, elle impose une élégance fragile devenue emblématique. Compagne de Serge Gainsbourg, elle inspire certaines de ses plus belles chansons et traverse, avec une liberté singulière, plusieurs décennies de création. Sa voix, son accent, sa pudeur appartiennent désormais à la mémoire collective.
Lucien BODARD
1914 – 1998 — Résistant, grand reporter, puis romancier, il transforme l’expérience du monde en matière narrative. Lauréat du prix Interallié et du prix Goncourt, il demeure l’un des conteurs les plus vifs de son époque. Il apparaît aussi au cinéma, comme une silhouette familière, en seconds rôles.
Marc BOEGNER
1881 – 1970 — Théologien et écrivain, figure majeure du protestantisme français, il traverse le siècle avec une autorité morale reconnue. Engagé dans la Résistance, il défend inlassablement la dignité humaine. Il devient le premier pasteur élu à l’Académie française.
Jean BOISSONNAT
1929 – 2016 — Journaliste et essayiste, il fait partie des grands passeurs de l’économie contemporaine. Sa parole, claire et pédagogique, rend accessibles les mécanismes complexes du monde moderne. Il demeure un nom de référence, à la croisée du débat public et de l’intelligence économique.
Aristide BOUCICAUT
1810 – 1877 — Fondateur du Bon Marché, il révolutionne le commerce au XIXe siècle en inventant une nouvelle manière de vendre, et presque de rêver. Son audace inspire Émile Zola pour Au Bonheur des Dames. À travers lui, la modernité marchande prend un visage et une méthode.
Alphonse BOUDARD
1925 – 2000 — Résistant puis écrivain, il donne une voix âpre, populaire et singulière aux marges de la société. Sa langue, nerveuse, vivante, porte l’argot comme un scalpel. Plusieurs de ses romans sont portés à l’écran, prolongeant au cinéma sa manière de raconter les bas-fonds et les fidélités.
Antoine BOURDELLE
1861 – 1929 — Sculpteur et peintre majeur, héritier de Rodin, il impose une énergie de forme et de mouvement qui marque durablement son époque. Son art conjugue la puissance archaïque et l’élan moderne. Il demeure l’une des grandes forces plastiques du tournant du siècle.
Claude BOURDET
1909 – 1996 — Résistant et déporté, compagnon de la Libération, il devient ensuite écrivain et journaliste. Il observe son siècle avec une lucidité morale qui ne cède ni au confort ni à l’oubli. Son parcours unit l’action, la pensée et le témoignage.
Paul BOURGET
1852 – 1935 — Académicien et romancier en vue, il s’oppose aux naturalistes et privilégie l’analyse psychologique, morale, parfois impitoyable. Son œuvre explore les consciences, les scrupules, les hypocrisies sociales. Il incarne une littérature de l’examen intérieur, très lue en son temps.
Pierre BOUTEILLER
1934 – 2017 — Journaliste anticonformiste, amoureux des mots et des musiques, il fait de l’entretien un art de la curiosité. Sa voix accompagne des générations d’auditeurs, entre radio et télévision. Il laisse le souvenir d’un esprit libre, attentif aux artistes autant qu’aux marges.
Emmanuel BOVE
1898 – 1945 — Découvert par Colette, il compose une œuvre discrète et profonde, où l’inquiétude se dit à voix basse. Fuyant l’Occupation, il meurt à Alger, après avoir tenté de rejoindre Londres. Son œuvre demeure l’une des plus intenses de l’entre-deux-guerres.
Marcel BOZZUFFI
1929 – 1988 — Acteur au visage sombre et à la voix grave, il marque le cinéma français par ses seconds rôles mémorables. Protégé de Jean Gabin, il impose une présence immédiate, presque instinctive. Il est aussi une célèbre doublure, prêtant son relief à d’autres silhouettes.
Constantin BRANCUSI
1876 – 1957 — Sculpteur majeur de la modernité, il poursuit la forme essentielle avec une rigueur presque spirituelle. Montparnasse garde la mémoire de son atelier et de son influence sur l’avant-garde. Il demeure l’un des artistes les plus cotés du marché de l’art.
Gyula BRASSAÏ
1899 – 1984 — Photographe majeur, il immortalise Paris, ses nuits, ses brumes, ses visages. Témoin des Années folles, il saisit l’art moderne autant que la ville ordinaire, avec la même intensité. Ses images demeurent comme une mémoire visuelle de Montparnasse et de son époque.
C
Roger CAILLOIS
1913 – 1978 — Académicien, critique, sociologue et écrivain, il traverse le XXe siècle en éclaireur des mythes, des jeux et des formes. Haut fonctionnaire à l’UNESCO, il œuvre aussi comme passeur de la pensée contemporaine. Ses traductions et son amitié intellectuelle contribuent notamment à faire rayonner Borges en France.
Gérard CALVI
1922 – 2015 — Musicien et compositeur, prix de Rome, il déploie une aisance rare entre chanson, théâtre et cinéma. Il écrit pour de grandes voix du XXe siècle, de Piaf à Sinatra, et signe d’innombrables partitions de scène. Son art, populaire sans renoncer à l’élégance, accompagne l’imaginaire de plusieurs générations.
Jules CAMBON
1845 – 1935 — Grand diplomate de la Troisième République, ambassadeur, gouverneur général de l’Algérie, il incarne l’art patient des équilibres et des nuances. Académicien, il appartient à cette génération pour qui l’État est une vocation. Certains traits de sa silhouette, dit-on, passent jusque dans À la recherche du temps perdu.
Jacques CAPELOVICI
1922 – 2011 — Linguiste amoureux des pièges et des délices du français, il fait de la langue un terrain de jeu sérieux. Le grand public le reconnaît pendant des décennies à la télévision, où il coanime des émissions populaires. Il laisse l’image d’un pédagogue souriant, qui fait rimer érudition et plaisir.
Louis CAPITAN
1854 – 1929 — Médecin éminent, préhistorien et professeur au Collège de France, il unit la science du vivant à la mémoire des âges. Son action contribue à sauver et mettre en valeur les arènes de Lutèce, comme si l’archéologie devait aussi servir la ville présente. Il demeure une figure exemplaire de ces savants bâtisseurs du Paris moderne.
René CAPITANT
1901 – 1970 — Homme politique réputé pour son intégrité, ministre et député, il défend un gaullisme social exigeant. Sa parole, volontiers tranchante, aime les formules qui réveillent : « le vrai gaullisme est à gauche ». Il incarne une certaine idée de la République, à la fois d’autorité et de justice.
François CARADEC
1924 – 2008 — Écrivain d’une finesse joueuse, membre de l’Oulipo, il manie le pastiche comme une science exacte et une gourmandise. Spécialiste de la bande dessinée, il sait prendre au sérieux les arts dits mineurs. Biographe remarquable, il éclaire aussi des figures comme Lautréamont ou Alfred Jarry.
Jean CARMET
1920 – 1994 — Longtemps cantonné aux seconds rôles, il devient l’un des visages les plus familiers et les plus aimés du cinéma français. Son jeu, fait de verve, d’humour décalé et de tendresse, donne une profondeur inattendue aux silhouettes. Il laisse une humanité immédiate, comme si la modestie avait trouvé sa grandeur.
Maritie CARPENTIER
1921 – 2002 — Productrice de télévision avec son époux Gilbert Carpentier, elle accompagne l’essor d’un spectacle populaire inventif. Les années 1960 et 1970 portent sa marque : celle d’une chanson audacieuse, mise en scène avec intelligence. Elle demeure l’une des grandes architectes de la variété à la française.
Ambroise-Marie CARRÉ
1908 – 2004 — Dominicain, académicien et écrivain, il est l’aumônier du monde du spectacle, où sa présence conjugue écoute et culture. Résistant, il unit la foi à l’engagement civique, dans une même exigence de dignité. Son parcours trace une ligne rare, où l’esprit et l’action se répondent.
Hélène CARRÈRE d'ENCAUSSE
1929 – 2023 — Historienne de renom, spécialiste du monde soviétique, elle éclaire avec autorité les fractures et les héritages de l’Est européen. Secrétaire perpétuelle de l’Académie française, elle incarne une parole intellectuelle à la fois savante et publique. Sa longévité, comme son influence, en fait l’une des voix majeures de son temps.
Eugène CARRIÈRE
1849 – 1906 — Peintre d’une sensibilité profonde, il enveloppe les visages d’une lumière brune et fraternelle, comme un souvenir qui insiste. Dreyfusard ardent, il met aussi sa notoriété au service d’un combat moral. Son influence, réelle, compte parmi les ferments qui nourrissent l’avant-garde, de Matisse à Picasso.
René CASSIN
1887 – 1976 — Résistant, juriste et diplomate, il place le droit au service de l’humain au lendemain des catastrophes. Il compte parmi les principaux rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée en 1948. Son nom demeure lié à cette ambition : donner à la dignité une langue commune.
Cornélius CASTORIADIS
1922 – 1997 — Philosophe, psychanalyste et économiste, il développe une pensée exigeante de l’autonomie et de la démocratie radicale. Contre les dogmes du capitalisme comme du communisme, il réclame la lucidité et la création collective des institutions. Son œuvre reste un appel à ne pas déléguer sa liberté.
Jacqueline CAURAT
1927 – 2021 — Figure emblématique de la télévision française, elle impose durant des décennies une élégance sereine et une pédagogie sans affectation. Elle anime aussi bien des émissions pour la jeunesse que des programmes spécialisés, avec la même clarté. Sa présence demeure l’un des visages familiers de l’âge d’or du petit écran.
Ariside CAVAILLÉ-COLL
1811 – 1899 — Maître incontesté de la facture d’orgues, il révolutionne l’instrument par des innovations techniques et une ampleur sonore nouvelle. Son nom demeure attaché à des orgues qui transforment les églises en cathédrales de musique. Il laisse une empreinte durable sur la tradition sacrée autant que sur l’élan symphonique.
Elsa CAYAT
1960 – 2015 — Psychiatre et psychanalyste, elle apporte à ses chroniques une parole engagée, attentive aux blessures de l’époque. Elle compte parmi les victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo, en janvier 2015. Son nom demeure associé à cette tragédie, et à la liberté de penser qu’elle défendait.
Caroline CELLIER
1945 – 2020 — Actrice reconnue du théâtre et du cinéma, elle impose une présence à la fois intense et discrète, capable de gravité comme de légèreté. Elle partage la vie de Jean Poiret, avec lequel elle repose aujourd’hui. Sa carrière dessine une fidélité à la scène, et un art de la nuance.
CÉSAR
1921 – 1998 — Sculpteur majeur des Nouveaux Réalistes, il explore la matière avec une audace qui bouscule les formes établies. Ses compressions, devenues emblématiques, font entrer l’industrie et le rebut dans le champ du monument. Il donne aussi son nom au trophée du cinéma français, comme un pont jeté entre les arts.
Emmanuel CHABRIER
1841 – 1894 — Compositeur singulier, il mêle raffinement, fantaisie et invention harmonique, avec une liberté qui étonne encore. Son œuvre embrasse l’orchestre, la voix et l’opéra, et irrigue la musique française. Il influence durablement des compositeurs comme Ravel et Debussy, qui reconnaissent en lui un précurseur.
Honoré CHAMPION
1846 – 1913 — Libraire et éditeur érudit, il promeut inlassablement les sciences humaines et la philologie. La maison qu’il fonde devient une référence de l’édition savante, patiente et exigeante. Son nom demeure associé à l’amour des textes et à la transmission des savoirs.
Henri CHAPIER
1933 – 2019 — Journaliste, critique et cinéaste, polyglotte et érudit, il défend une idée ouverte de la culture. Sa curiosité embrasse le cinéma, la littérature, les arts, sans céder aux frontières de chapelle. Il incarne une exigence critique qui sait rester hospitalière.
Claude-François CHAUVEAU-LAGARDE
1756 – 1841 — Avocat courageux, il défend Marie-Antoinette et Charlotte Corday, au cœur d’une époque où plaider peut coûter la vie. Il échappe à la Terreur grâce au 9 Thermidor et à la chute de Robespierre. Son nom demeure celui d’un homme de droit resté fidèle à sa conscience.
Eugène CHÉDEVILLE
1873 – 1915 — Lieutenant de vaisseau, il trouve la mort lors du torpillage du Léon-Gambetta en 1915, drame de la Grande Guerre en Méditerranée. Son corps reposant en Italie, ce tombeau est un cénotaphe, une présence sans dépouille. La pierre dit ici l’absence, et la mémoire qui s’y attache.
Andrée CHEDID
1920 – 2011 — Romancière et poète, couronnée de nombreux prix, elle déploie une œuvre humaniste qui interroge la condition humaine avec gravité et lumière. Son écriture, attentive aux fractures du monde, cherche l’accord possible entre les êtres. Elle est la mère du chanteur Louis Chedid, autre voix de sensibilité.
Jacques CHIRAC
1932 – 2019 — Homme d’État à la carrière exceptionnelle, élu de Corrèze, maire de Paris, il devient le cinquième président de la Ve République française. Son style, fait de proximité et d’endurance, marque plusieurs décennies de vie politique. Il demeure une figure familière de la mémoire nationale, entre puissance et contradictions.
CHORON (Professeur)
1929 – 2005 — Cofondateur de Hara-Kiri et de Charlie Hebdo, il impose une insolence provocatrice qui bouscule durablement la presse satirique. Sous la farce, il défend une idée brutale de la liberté : celle qui refuse de plaire. Il demeure, pour beaucoup, une figure indissociable de l’irrévérence française.
CHRISTOPHE
1945 – 2020 — Chanteur emblématique, il traverse les décennies avec une élégance rêveuse et une voix immédiatement reconnaissable. Des chansons comme Aline ou Les Mots bleus deviennent des classiques, mêlant mélancolie et pop française. Il laisse un univers nocturne, raffiné, où la chanson se fait atmosphère.
Emil CIORAN
1911 – 1995 — Philosophe de l’inquiétude, il cisèle des aphorismes où le doute devient une musique sombre. Son pessimisme radical s’éclaire pourtant d’un humour lucide, et d’une conscience aiguë du ridicule de la condition humaine. Il demeure l’un des stylistes les plus singuliers de la pensée du XXe siècle.
André CITROËN
1878 – 1935 — Pionnier visionnaire de l’automobile, fondateur de la marque éponyme, il comprend très tôt la puissance industrielle et symbolique de la modernité. Dès 1915, il met son outil de production au service de l’effort de guerre, avant d’inventer une autre guerre : celle de la publicité et de l’innovation. Patron exigeant, il se veut aussi attentif au sort de ses employés, dans un siècle de machines et de foules.
Georges-Emmanuel CLANCIER
1914 – 2018 — Romancier et poète, il occupe une place singulière dans la littérature française contemporaine, loin des modes et des écoles. Il est notamment l’auteur de Le Pain noir et du recueil Le Paysan céleste, où la mémoire rurale se charge d’épopée intérieure. Son œuvre se tient à hauteur d’homme, avec une haute exigence de ton.
François COLI
1881 – 1927 — Aviateur audacieux, il disparaît en mer avec Charles Nungesser lors de la première tentative de traversée aérienne de l’Atlantique Nord, entre Paris et New York, en 1927. L’aventure, promesse d’exploit, devient énigme et légende. Ce nom reste attaché à l’héroïsme fragile des pionniers du ciel.
Armand COLIN
1842 – 1900 — Éditeur engagé et républicain convaincu, il lie son nom à l’édition pédagogique et à la diffusion du savoir. Ses ouvrages accompagnent l’école moderne et l’idéal d’instruction publique. Il demeure l’un des artisans discrets de cette République qui se veut éclairée.
Claude CONFORTÈS
1928 – 2016 — Metteur en scène prolifique, il signe plus de vingt spectacles et fréquente les coulisses où se fabrique l’époque. Il collabore avec de grandes figures du cinéma et du théâtre, de Claude Berri à Claude Sautet. Son parcours raconte un art du plateau, patient, concret, profondément collectif.
Nicolas-Jacques CONTÉ
1755 – 1805 — Peintre, physicien et chimiste, il invente le crayon moderne sous la Révolution, répondant au blocus anglais qui prive la France de graphite. Son geste technique, né d’une contrainte politique, devient une invention quotidienne. À travers lui, la science se met au service de la main qui écrit et dessine.
Henri CONTET
1904 – 1988 — Ingénieur de formation devenu parolier, il possède l’art rare d’unir précision et émotion. Il écrit de nombreux succès pour Édith Piaf, dont Padam… Padam, et pour Yves Montand, parmi bien d’autres. Son nom se glisse ainsi au cœur d’un répertoire devenu patrimoine.
François COPPÉE
1842 – 1908 — Poète, dramaturge et romancier, académicien, il compte parmi les figures éminentes du Parnasse. Son œuvre, souvent attentive aux humbles, cherche une émotion claire et maîtrisée. Il incarne une célébrité littéraire de son temps, aujourd’hui relue comme un témoin sensible d’un siècle.
Julio CORTÁZAR
1914 – 1984 — Écrivain franco-argentin d’une inventivité rare, il renouvelle la forme romanesque en ouvrant le livre au jeu, au hasard, au vertige. La Marelle devient l’une de ses œuvres majeures, aux côtés des Armes secrètes. Son imaginaire, libre et labyrinthique, continue d’aimanter les lecteurs.
Albert COSSERY
1913 – 2008 — Écrivain franco-égyptien, auteur de huit romans, il choisit une vie frugale comme un manifeste. Pendant plus d’un demi-siècle, il vit dans un hôtel de la rue de Seine, observateur ironique et lucide du monde moderne. Son œuvre, rare et précise, célèbre la paresse comme résistance et l’élégance comme arme.
Maurice COUVE de MURVILLE
1907 – 1999 — Homme d’État discret et durable, il sert longtemps la diplomatie française avant d’accéder à Matignon. Dernier Premier ministre du général de Gaulle, il incarne une continuité silencieuse, faite de dossiers et de patience. Sa longévité politique, exceptionnelle, le maintient actif jusqu’à un âge avancé.
Georges CRAVENNE
1914 – 2009 — Résistant, journaliste et producteur, il a l’intuition des institutions qui structurent un art. Il fonde l’Académie des arts et techniques du cinéma et crée, en 1976, les César, devenus le grand rendez-vous du cinéma français. Son nom demeure associé à cette mise en scène de la reconnaissance.
Marcel CRAVENNE
1908 – 2002 — Réalisateur et scénariste, il travaille au carrefour des cinémas, là où les méthodes et les imaginaires se rencontrent. Il collabore avec de grands noms, notamment Maurice Tourneur et Frank Capra. Son parcours évoque un artisanat international, souvent discret, mais décisif.
Bruno CREMER
1929 – 2010 — Acteur majeur, il impose au cinéma une gravité contenue, une présence dense, presque minérale. Le grand public le reconnaît surtout dans son interprétation du commissaire Maigret à la télévision, qu’il incarne avec une lenteur habitée. Sa voix et son regard laissent une trace durable dans l’imaginaire français.
Adolphe CRÉMIEUX
1796 – 1880 — Avocat et homme politique, ministre de la Justice, il défend l’idée d’une citoyenneté fondée sur le droit et non sur l’origine. Il donne son nom au décret de 1870 accordant la citoyenneté française aux Juifs d’Algérie. Grand dignitaire de la franc-maçonnerie, il incarne aussi une tradition républicaine de combat et d’émancipation.
Charles CROS
1842 – 1888 — Poète et inventeur, il mène une vie d’idées et d’éclats, où la fantaisie côtoie la science. Auteur du fameux Hareng saur, il conçoit aussi le principe du phonographe, qu’Edison brevète quelques mois avant lui. Son destin, un peu triste et brillant, ressemble à un poème de laboratoire.
D
Jules DALOU
1838 – 1902 — Sculpteur d’une profonde humanité, il contribue à façonner le visage de Paris, notamment avec La République, place de la Nation. Républicain fervent, il doit s’exiler après la Commune, sans renoncer à l’idée d’un art offert au peuple. Son œuvre, robuste et fraternelle, garde le goût des foules et des gestes simples.
Jean Daniel
1920 – 2020 — Écrivain et journaliste, il fonde Le Nouvel Observateur et en demeure longtemps l’éditorialiste, attentif aux frémissements politiques comme aux débats d’idées. Sa plume, à la fois narrative et méditative, marque durablement le journalisme d’opinion en France. Il laisse l’image d’un passeur : entre la gauche, la culture et l’exigence morale.
Mireille DARC
1938 – 2017 — Actrice emblématique du cinéma français, elle impose une élégance moderne, faite de grâce et d’ironie. Longtemps compagne d’Alain Delon, elle mène aussi une carrière de réalisatrice, signant des documentaires sociaux remarqués. Derrière l’icône, une femme de courage et d’attention aux autres.
Daniel DARÈS
1931 – 2011 — Homme de théâtre passionné, il dirige le théâtre Antoine de 1984 jusqu’à sa disparition, avec une fidélité d’artisan et d’homme de troupe. Il défend une scène exigeante mais vivante, ouverte à la fois au texte et au public. Son nom reste attaché à une certaine idée du spectacle : populaire sans complaisance.
Gabriel DAVIOUD
1824 – 1881 — Architecte emblématique du Second Empire, il grave sa signature dans le décor quotidien de Paris : théâtres, fontaines, jardins, édifices publics. On lui doit notamment les théâtres du Châtelet et la fontaine des Innocents, où l’ornement se fait civique. Son œuvre, discrète et omniprésente, donne à la ville une élégance de pierre.
Jacques DEBARY
1914 – 2011 — Ancien instituteur devenu acteur sur le tard, il apporte au cinéma et à la télévision une présence chaleureuse, immédiatement familière. Il tourne dans une trentaine de films et demeure une silhouette attachante du petit écran. Sa carrière raconte une vocation tardive, servie par la simplicité et le métier.
Jean-Louis DEBRÉ
1944 – 2025 — Figure majeure de la Ve République, il est ministre de l’Intérieur, président de l’Assemblée nationale puis du Conseil constitutionnel. Héritier d’une lignée gaulliste, il incarne une certaine fidélité à l’État et à ses rites. Parallèlement, il mène une carrière de romancier, où la politique se change en matière de récit.
Régine DEFORGES
1935 – 2014 — Écrivaine et éditrice, elle revendique une liberté de ton qui lui vaut autant d’enthousiasmes que de scandales. Son œuvre, marquée par l’émancipation féminine, rencontre un immense succès populaire avec La Bicyclette bleue. Elle demeure une figure de courage littéraire, au carrefour du désir, de l’Histoire et de la mémoire.
André DEL DEBBIO
1908 – 2010 — Sculpteur proche de Brancusi et de Niki de Saint Phalle, il laisse une œuvre singulière, à la fois épurée et facétieuse. Le buste qui orne sa tombe, inspiré de la Joconde, est de sa propre main : un autoportrait détourné, comme un clin d’œil à l’histoire de l’art. Sa longévité, rare, traverse presque tout le siècle.
Danièle DELORME
1926 – 2015 — Actrice et productrice, elle débute au théâtre sous l’égide de Claude Dauphin, avant de s’imposer au cinéma. Épouse d’Yves Robert, elle partage avec lui travail et succès, dans une complicité de création. Sa carrière épouse l’élan d’un certain cinéma français : souple, populaire, intelligent.
Jacques DEMY
1931 – 1990 — Poète du cinéma français, il enchante plusieurs générations avec Les Parapluies de Cherbourg, Les Demoiselles de Rochefort et Peau d’Âne, souvent portés par Catherine Deneuve. Il invente un monde où la comédie musicale se teinte de mélancolie, et où le réel se laisse traverser par le rêve. Il repose auprès d’Agnès Varda, dans une fidélité qui prolonge l’œuvre.
Michel DÉON
1919 – 2016 — Académicien et romancier, il mène une œuvre attachée au voyage, à l’amitié, à l’ironie du destin. Auteur notamment de Les Poneys sauvages et d’Un taxi mauve, il voit plusieurs livres portés à l’écran. Sa phrase, élégante et mobile, garde la saveur d’un classicisme moderne.
Paul DESCHANEL
1855 – 1922 — Homme d’État d’une grande longévité parlementaire, député durant trente-cinq ans, il incarne une République de tribunes et de procédures. Président de la République pour un court mandat, il y renonce lucidement pour raison de santé. Élu à l’Académie française en 1899, il demeure une figure de dignité fragile, à la charnière du politique et du littéraire.
Robert DESNOS
1900 – 1945 — Poète des Années folles et voix singulière du surréalisme, il demeure un esprit libre, rétif aux dogmes et aux orthodoxies. Autodidacte et non-conformiste, il refuse les disciplines imposées par Breton comme les sommations de l’engagement partisan. Résistant de la première heure, arrêté puis déporté, il s’éteint à quarante-cinq ans au retour des camps nazis, laissant une œuvre vibrante de liberté, d’amour et de songes, comme un défi lancé à la nuit.
Cicero DIAS
1907 – 2003 — Peintre brésilien installé à Paris dès les années 1930, Cícero Dias devient l’un des passeurs entre l’avant-garde européenne et la sensibilité sud-américaine. Résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, il fréquente Picasso, Éluard, Fernand Léger et d’autres figures majeures de son temps. Sa peinture, lumineuse et audacieuse, témoigne d’un dialogue constant entre modernité, poésie et engagement.
Porfirio DÍAZ
1830 – 1915 — Militaire et homme d’État mexicain, il gouverne le Mexique de 1876 à 1911 d’une main autoritaire. Son long règne, fait de stabilité et de modernisation, creuse aussi de profondes inégalités et provoque la Révolution mexicaine de 1910. Contraint à l’exil, il termine sa vie à Paris, loin de la terre qu’il domina plus de trois décennies.
René DORAND
1898 – 1981 — Ingénieur visionnaire et pionnier de l’aéronautique, il compte parmi les artisans du gyroplane Breguet-Dorand. En 1936, l’appareil établit des records de vitesse et d’altitude, ouvrant la voie à l’hélicoptère moderne. Son œuvre incarne l’audace scientifique et la foi dans le progrès technique du XXe siècle.
Auguste DORNÈS
1799 – 1848 — Journaliste engagé et député de gauche, il est un témoin ardent des secousses de la monarchie de Juillet. Grièvement blessé lors des journées de Juin 1848, il succombe peu après, emporté par la violence d’une époque où l’idéal républicain se paie cher. Son destin garde la netteté tragique des combats perdus.
Marie DORVAL
1798 – 1849 — Comédienne au destin romanesque, elle traverse le XIXe siècle comme une héroïne tragique, brûlée par la scène et par la vie. Elle partage l’affiche avec Frédérick Lemaître, aime Alfred de Vigny, croise Vidocq, et connaît une existence faite de passions, de succès et de blessures intimes. Son épitaphe — « Marie Dorval, morte de chagrin » — résume, avec une cruauté tendre, une vie consumée par l’émotion.
Félix DOUAY
1816 – 1879 — Général de l’armée française, il demeure une figure controversée, liée à la répression sanglante de la Commune de Paris. On lui attribue pourtant un rôle dans la sauvegarde du Louvre, au moment où la ville brûle et vacille. Son nom reste attaché à cette contradiction violente, où la discipline militaire côtoie la préservation du patrimoine.
Alfred DREYFUS
1859 – 1935 — Capitaine injustement condamné, puis lieutenant-colonel réhabilité, il incarne l’une des plus grandes blessures morales de la République. L’Affaire qui porte son nom divise la France et révèle les dérives de l’antisémitisme d’État, autant que la puissance d’un sursaut intellectuel et judiciaire. Sa réhabilitation demeure une victoire tardive du droit et de la vérité, dont l’écho résonne encore dans la conscience nationale.
Roland DUBILLARD
1923 – 2011 — Écrivain aux multiples visages, il est à la fois romancier, essayiste, dramaturge et comédien. Son œuvre, nourrie d’absurde, d’humour et de mélancolie, reçoit de nombreux prix et conquiert un public fidèle. Inclassable, il fait entendre une voix à la fois légère et profondément humaine, comme un sourire sur le bord du gouffre.
Jules DUMONT D'URVILLE
1790 – 1842 — Explorateur intrépide et officier de marine, il mène de grandes expéditions à bord de l’Astrolabe, là où la carte se fait encore promesse. Il donne à la Terre Adélie le prénom de son épouse et contribue à la découverte de la Vénus de Milo, autre forme d’exploration, cette fois archéologique. Brillant mais difficile, parfois arrogant, il incarne l’ambition scientifique et l’orgueil des explorations du XIXe siècle.
Marguerite DURAS
1914 – 1996 — Écrivaine majeure et cinéaste audacieuse, elle marque la littérature contemporaine par une œuvre profondément singulière, où l’intime se mêle à l’Histoire. Couronnée par le prix Goncourt pour L’Amant, elle impose une voix reconnaissable entre toutes, faite de silences, de fièvre et de répétitions. Elle demeure aussi une figure d’engagement, attentive au féminisme et à la liberté d’expression.
Émile DURKHEIM
1858 – 1917 — Penseur rigoureux, il est reconnu comme l’un des pères fondateurs de la sociologie moderne. En donnant aux « faits sociaux » une méthode et un statut scientifique, il transforme durablement les sciences humaines. Son œuvre, d’une portée considérable, continue d’éclairer la vie collective, ses règles, ses crises et ses croyances.
Denis DUSSOUBS
1818 – 1851 — Révolutionnaire ardent, il tombe mortellement blessé sur une barricade lors du coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, prenant la place de son frère Marcellin. Son destin, bref et tragique, incarne le sacrifice politique au XIXe siècle. Il demeure l’une de ces figures où la République se paie d’un corps offert.
Guillaume DUSTAN
1965 – 2005 — Magistrat, éditeur et écrivain hors normes, il laisse une œuvre provocatrice et profondément libre, explorant sans détour les marges et les excès de son époque. Sa parole, heurtée, revendique la vérité du désir contre les prudences sociales. Son épitaphe — « J’ai toujours été pour tout être » — résume l’intensité d’un engagement existentiel.
Henri DUTILLEUX
1916 – 2013 — Compositeur d’une rare exigence, il occupe une place centrale dans la musique du XXe siècle, refusant les effets comme les facilités. Lauréat du Grand Prix de Rome puis du Grand Prix national de la musique, il développe un langage sonore raffiné, rigoureux, profondément personnel. Son œuvre, peu abondante, vaut par sa densité : chaque note y semble pesée.
Jean DUTOURD
1920 – 2011 — Académicien, romancier et essayiste, il allie une plume acérée à une culture foisonnante, volontiers ironique. La politique ne lui sourit guère, mais l’esprit, lui, ne le quitte pas : il brille par sa verve, notamment au micro des Grosses Têtes. Il laisse le souvenir d’un styliste du trait, amoureux de la phrase et du débat.
E
Jean-Pierre ELKABBACH
1937 – 2023 — Journaliste politique de premier plan, il fut l’une des voix les plus reconnaissables de l’audiovisuel français, maître d’un entretien direct, parfois impitoyable. Souvent critiqué pour sa proximité avec le pouvoir et ses méthodes incisives, il n’en demeure pas moins un acteur central du débat public, témoin — et parfois artisan — de plusieurs décennies de vie politique.
Arlette ELKAÏM-SARTRE
1935 – 2016 — Fille adoptive de Jean-Paul Sartre et légataire universelle de son œuvre, elle consacre sa vie à en préserver l’intégrité et à en organiser la transmission. Patiente gardienne des manuscrits, attentive aux éditions, elle veille à ce que la parole du philosophe traverse le temps sans se dissoudre, et demeure ainsi l’une des grandes artisans de sa postérité.
Robert ENRICO
1931 – 2001 — Cinéaste à la fois populaire et exigeant, il signe plusieurs œuvres marquantes du cinéma français, dont Le Vieux Fusil, premier film couronné par le César en 1976. Son art, souvent empreint de gravité, sait pourtant toucher un large public, par une mise en scène sobre et une émotion tenue, mais durable.
Antoine ÉTEX
1808 – 1888 — Sculpteur prolifique et figure engagée du XIXe siècle, il réalise des œuvres monumentales pour l’Arc de Triomphe, le Sénat, les Invalides ou Versailles, donnant à la pierre une ampleur presque civique. Proche des idées de Proudhon, dont il fit le portrait, il laisse aussi une empreinte durable dans l’art funéraire, où sa vigueur se mêle à une méditation sur la mémoire.
F
André FALCON
1924 – 2009 — Comédien de grand style et sociétaire de la Comédie-Française, il servit le théâtre avec une constance exemplaire, faite de précision et de retenue. Au cinéma, il fut dirigé par Chabrol, Truffaut, Sautet ou Lelouch, tandis que la télévision le fit entrer dans les foyers, où son autorité tranquille s’imposa naturellement.
Henri FANTIN-LATOUR
1836 – 1904 — Peintre d’une délicatesse rare, il sut capter la lumière des visages comme celle des fleurs, et regarda son siècle avec une attention silencieuse. Il donna ses lettres de noblesse au portrait collectif avec Un atelier aux Batignolles ou Un coin de table, véritables manifestes de la vie artistique et littéraire de son temps.
Léon-Paul FARGUE
1876 – 1947 — Poète de la ville, il chanta Paris d’une prose raffinée, comme à pas feutrés sur les pavés de la modernité. D’après Paris et Le Piéton de Paris gardent l’empreinte de ce flâneur mélancolique, attentif aux lumières, aux brumes et aux visages fugitifs.
Paul FÉVAL
1816 – 1887 — Romancier populaire et fécond, il sut donner au feuilleton une vigueur d’épopée et un sens du rebondissement que le public ne se lassait pas de suivre. Le Bossu, devenu un classique, fut maintes fois porté à la scène et à l’écran, s’inscrivant durablement dans l’imaginaire collectif.
Charles et Henri FLAMMARION
1910 – 1985 — Fils et petit-fils d’Ernest Flammarion, ils poursuivirent, avec constance, l’œuvre éditoriale familiale, en veillant à la continuité d’un catalogue déjà prestigieux. Par leur action, la maison Flammarion conserva son rayonnement et sa place singulière dans la diffusion du savoir et de la littérature.
Ernest FLAMMARION
1846 – 1936 — Fondateur de la maison d’édition qui porta son nom, il accompagna son essor avec un flair d’entrepreneur et l’ambition de faire circuler les idées. Les ouvrages de son frère Camille Flammarion, astronome renommé, mêlant science, vulgarisation et imaginaire, contribuèrent puissamment à ce rayonnement, au croisement du savoir et du rêve.
Édouard FOÀ
1862 – 1901 — Explorateur du Maroc et de l’Afrique occidentale, il mena ses expéditions avec une rigueur qui, souvent, se fit dureté à l’égard des populations rencontrées. Son parcours, emblématique des mentalités coloniales de son époque, laisse l’image mêlée d’un goût de l’aventure et d’un regard aujourd’hui profondément questionné.
Viviane FORRESTER
1925 – 2013 — Romancière, biographe et essayiste, elle fit entendre une voix ferme, attentive aux fractures de son temps, et connut un large succès littéraire. Avec L’Horreur économique (1996), elle proposa une critique devenue référence de l’ultralibéralisme et de ses ravages sociaux, mêlant rigueur et indignation.
Michel FORTIN
1937 – 2011 — Comédien discret mais essentiel, il fut de ces présences qui donnent chair aux récits, sans jamais forcer l’éclat. Grand second rôle du cinéma français, il apporta à chaque apparition une justesse tranquille, laissant le souvenir d’une humanité immédiatement reconnaissable.
Henri de France
1911 – 1986 — Ingénieur de talent, père du système de télévision SECAM, il laissa une empreinte décisive dans l’histoire technique du XXe siècle. Résistant durant la guerre, il unit à l’invention une fidélité au pays, comme si la modernité devait aussi répondre d’une certaine idée de l’engagement.
César FRANCK
1822 – 1890 — Enfant prodige devenu maître respecté, il fut longtemps organiste de Sainte-Clotilde, où sa musique prit des accents de ferveur et de profondeur. Pédagogue influent, il forma une génération de compositeurs, dont Vincent d’Indy, et laissa une œuvre où la rigueur formelle se marie à une spiritualité ardente.
Gisèle FREUND
1908 – 2000 — Photographe de grand talent, attentive aux visages et aux âmes, elle immortalisa écrivains, intellectuels et responsables politiques, donnant à son époque une galerie de regards. Elle réalisa notamment le portrait officiel de François Mitterrand, devenu une image emblématique du pouvoir républicain, où la simplicité du cadre n’ôte rien à la gravité du symbole.
Carlos FUENTES
1928 – 2012 — Diplomate mexicain et écrivain majeur de la littérature latino-américaine, il explora, dans ses romans, l’histoire, les mythes et les fractures de son pays. Son œuvre, portée par une ambition intellectuelle remarquable, lui valut une audience internationale, faisant de lui l’une des grandes consciences littéraires du XXe siècle.
G
Serge GAINSBOURG
1928 – 1991 — Chanteur, auteur, compositeur, interprète et cinéaste, il demeure l’une des voix les plus singulières de la création française du XXe siècle. Provocateur autant que poète, il fit naître des chansons inoubliables, souvent offertes à des interprètes féminines qu’il savait magnifier. Sa tombe, fleurie comme un autel profane, compte parmi les plus visitées du cimetière.
Gaston de GALLIFFET
1830 – 1909 — Général au nom désormais chargé d’ombre, il demeura associé à la répression de la Commune de Paris en 1871. Surnommé le « marquis aux talons rouges », il incarna, pour ses contemporains comme pour la postérité, le visage le plus implacable de l’ordre reconquis. Son souvenir reste celui d’une violence d’État, froide et méthodique.
Charles GARNIER
1825 – 1898 — Architecte de renom, il donna à Paris l’un de ses visages les plus somptueux en bâtissant l’Opéra qui porte son nom. Prix de Rome, esprit érudit et décorateur inspiré, il sut unir la rigueur de la structure au théâtre des ornements. Il laissa aussi des monuments funéraires où son goût du symbole se fait plus intime.
Xavier GÉLIN
1946 – 1999 — Acteur, producteur, scénariste et réalisateur, il mena une carrière aussi dense que discrète. Fils de Daniel Gélin et de Danièle Delorme, il porta, sans tapage, l’héritage d’une lignée d’artistes. Sa disparition prématurée laissa le sentiment d’un talent interrompu en plein élan.
Louise GÉLY DANTON
1776 – 1856 — Seconde épouse de Georges Danton, elle ne fut unie au tribun révolutionnaire que quelques semaines avant sa chute. Sa longue vie s’écoula ensuite loin du fracas de l’Histoire, comme si le tumulte de 1794 avait consumé d’un seul coup toute une destinée. Elle demeure, ici, la silhouette effacée d’un drame éclatant.
François GÉRARD
1770 – 1837 — Portraitiste des élites, il traversa l’Empire, la Restauration et la monarchie de Juillet en fixant les visages du pouvoir et des lettres. Peintre de cour autant qu’artisan d’images, il sut faire parler les regards avec une élégance presque diplomatique. Sa stèle, couverte de noms, évoque l’étendue d’un carnet mondain devenu œuvre.
Jean GIRAUD (dit Moebius)
1938 – 2012 — Dessinateur au rayonnement mondial, il fut à la fois le créateur de Blueberry et, sous le nom de Moebius, l’inventeur d’univers qui ont redessiné l’imaginaire contemporain. Cofondateur de Métal Hurlant, il révolutionna l’esthétique de la bande dessinée et de la science-fiction. Son trait, tour à tour nerveux et aérien, demeure une signature immédiatement reconnaissable.
Francis GIROD
1944 – 2006 — Cinéaste élégant et rigoureux, il signa des films où l’intelligence du récit s’allie au goût des atmosphères. Réalisateur apprécié, il fut aussi un pédagogue, transmettant au Conservatoire l’art de la mise en scène et la discipline du regard. Son œuvre laisse l’image d’un artisan du cinéma, fidèle aux nuances et aux secrets des êtres.
Clara GOLDSCHMIDT MALRAUX
1897 – 1982 — Écrivaine et femme d’engagement, première épouse d’André Malraux, elle partagea les ferveurs et les déchirements d’un siècle d’épreuves. Présente dans les combats intellectuels de l’entre-deux-guerres, elle fut aussi une conscience attentive aux tragédies de son temps. Leur fille Florence, disparue trop tôt, repose également au cimetière, en huitième division.
Paul-Marie de la GORCE
1928 – 2004 — Journaliste et historien, il sut porter à la télévision une parole claire sur les grands enjeux politiques et diplomatiques. Son talent fut d’éclairer sans simplifier, de raconter sans céder au spectacle. Il demeure l’une de ces voix qui faisaient du commentaire une forme de pédagogie civique.
Juliette Gréco
1927 – 2020 — « La muse de Saint-Germain-des-Prés » prêta sa voix grave et ardente aux poètes, de Prévert à Queneau, et devint l’un des visages mêmes de l’après-guerre. Comédienne autant que chanteuse, elle porta sur scène une liberté de ton qui fit école. Elle repose ici aux côtés de son époux, le compositeur Gérard Jouannest.
Abbé Henri GRÉGOIRE
1750 – 1831 — Prêtre et homme politique de la Révolution, abolitionniste et défenseur des droits civiques, il incarna une conscience ardente au sein des bouleversements de son temps. Il fut panthéonisé en 1989, mais le monument qui lui est dédié ici demeure un cénotaphe, rappelant sa mémoire plus qu’il ne garde ses restes. Sa vie fut un combat : contre l’injustice, contre l’ignorance, contre les reniements.
Gustave GUS
1911 – 1997 — Dessinateur et écrivain d’une discrétion presque monastique, il laissa une œuvre tournée vers l’humain, sans fracas ni vanité. Chez lui, le trait se fait fraternité, et l’ironie, tendresse. Son épitaphe, d’une sobriété poignante, compte parmi les plus émouvantes du cimetière.
H
Louis HACHETTE
1800 – 1864 — Éditeur visionnaire, il fonda la maison qui porte son nom et participa puissamment à la diffusion du savoir au XIXe siècle. Par l’essor de l’édition scolaire et populaire, il contribua à former des générations de lecteurs. Son entreprise fut l’une des grandes fabriques de la modernité imprimée.
Swan et Patrice HENNESSY
1866 – 1929 — Swan Hennessy, compositeur et pianiste, et Patrice Hennessy, homme de lettres et historien de la Révolution, incarnent deux visages d’une même vocation familiale : l’art et la pensée. L’un cherche l’accord, l’autre le sens, mais tous deux poursuivent une même exigence de forme et de transmission. Leur sépulture rassemble ainsi musique et histoire sous une même pierre.
Geneviève HENNET de GOUTEL
1885 – 1917 — Infirmière-major pendant la Grande Guerre, elle se voua aux blessés et aux plus démunis avec un sens du devoir presque absolu. Envoyée en Roumanie, elle y mourut du typhus en 1917, victime de son dévouement sans réserve. Sa courte vie a la netteté tragique d’un sacrifice.
Louis HERBETTE
1843 – 1921 — Avocat, préfet, conseiller d’État, puis directeur de l’administration pénitentiaire, il œuvra à la modernisation d’un appareil judiciaire en pleine mutation. Il contribua notamment à l’introduction des relevés anthropométriques conçus par Alphonse Bertillon, signe d’un temps où la science prétendait discipliner le crime. Son parcours dit la foi administrative de la fin du XIXe siècle.
Helen HESSEL
1886 – 1982 — Journaliste de mode à la vie libre et passionnée, elle fut l’une des figures de ces années où Paris se rêvait en laboratoire d’émancipation. Son existence sentimentale, complexe et ardente, inspira Henri-Pierre Roché pour Jules et Jim, que François Truffaut immortalisa plus tard. Mère de Stéphane Hessel, elle laisse l’image d’une femme qui vécut à hauteur de désir.
Stéphane HESSEL
1917 – 2013 — Résistant, diplomate et écrivain, il fit de la dignité humaine une boussole et de la liberté un devoir. Son bref manifeste Indignez-vous !, publié en 2010, eut un retentissement mondial et transforma, au soir de sa vie, sa parole en appel. Il demeure l’une de ces consciences qui traversent leur siècle sans renoncer.
Pierre-Jules HETZEL
1814 – 1886 — Éditeur et architecte d’imaginaires, il accompagna Jules Verne et donna aux Voyages extraordinaires leur forme définitive. Son goût de la pédagogie, du récit et de l’invention fit de lui l’un des grands artisans du roman d’aventures au XIXe siècle. Entre science et merveilleux, il bâtit une bibliothèque pour l’avenir.
Jean-Antoine HOUDON
1741 – 1828 — Surnommé le « sculpteur des Lumières », il demeure l’un des plus grands portraitistes de son siècle. Ses bustes, d’une vérité psychologique saisissante, donnèrent un visage durable aux figures majeures de son temps, de Voltaire à Washington. Dans la pierre, il sut faire passer le souffle.
Abel HUGO
1798 – 1855 — Frère aîné de Victor Hugo, historien et écrivain discret, il vécut dans l’ombre d’un nom devenu montagne. Sa sépulture, aujourd’hui délaissée, ajoute à l’effacement d’une destinée tenue à distance de la gloire. Ici, l’abandon contraste avec l’immortalité de l’illustre cadet.
Valentine HUGO
1887 – 1968 — Peintre et illustratrice d’un rare talent, elle traversa les Années folles au plus près des artistes et des poètes, dont elle fixa l’élan et les visages. Longtemps tenue à l’écart des reconnaissances, elle finit pourtant dans la gêne, comme effacée du monde qu’elle avait magnifié. Son destin porte la mélancolie des brillances qui s’éteignent.
Pierre HULIN
1758 – 1841 — Acteur des journées révolutionnaires, il demeura aussi lié à la sombre affaire du duc d’Enghien, où se mêlent raison d’État et tragédie. Son buste, sculpté par David d’Angers, rappelle qu’aucun destin n’est simple à l’âge des révolutions. Entre ferveur et remords, sa mémoire demeure contrastée.
Joris-Karl HUYSMAN
1848 – 1907 — Écrivain au parcours singulier, il passa du naturalisme aux vertiges du symbolisme avant de s’orienter vers une œuvre profondément spirituelle. Critique d’art attentif aux impressionnistes comme aux décadents, il incarne les contradictions fécondes de la fin du XIXe siècle. De la splendeur d’À rebours à la quête de L’Oblat, sa plume suit une conversion intérieure.
I
Vincent d'Indy
1851 – 1931 — Compositeur et pédagogue, fondateur de la Schola Cantorum, il joua un rôle majeur dans la transmission musicale française, dans l’ombre tutélaire de Beethoven et de César Franck. Son engagement antidreyfusard, revendiqué au nom de convictions spirituelles, révèle les contradictions d’une époque où l’art et la morale se heurtaient aux passions politiques. Entre ferveur et aveuglement, sa postérité demeure traversée de ces tensions.
Eugène IONESCO
1909 – 1994 — Dramaturge d’origine roumaine et académicien, il donna au théâtre de l’absurde quelques-unes de ses œuvres les plus saisissantes. De La Cantatrice chauve à Rhinocéros, sa scène mêle dérision et angoisse, comme si le rire y révélait la béance du monde. Ici, son sommeil dialogue en silence avec celui de Beckett, son voisin d’éternité.
Marcel ISAAC
1887 – 1915 — Frère aîné de Pierre Dac, il tomba au front pendant la Première Guerre mondiale, emporté par la jeunesse brisée de 1914-1918. Longtemps absent de la liste officielle des Morts pour la France, il fut pourtant sauvé de l’oubli par l’hommage poignant de son frère. La mémoire intime, ici, réparait ce que l’administration avait laissé dans l’ombre.
Joris IVENS
1898 – 1989 — Grand documentariste du XXe siècle, il composa une œuvre poétique et engagée, attentive aux injustices et aux combats des peuples. Cinéaste du réel, il sut unir l’exigence du regard à la conscience politique, sans renoncer à la beauté des formes. Il repose auprès de son épouse, Marceline Loridan-Ivens, comme si le film continuait à deux voix.
J
François JACOB
1920 – 2013 — Prix Nobel de médecine, résistant au sein de la 2e DB du général Leclerc, il mena une carrière scientifique exceptionnelle, couronnée par une chaire au Collège de France. Humaniste attentif aux enjeux éthiques de la recherche, il s’engagea également pour la défense des droits de l’enfant. Sa vie unit la rigueur du savant à l’exigence morale du citoyen.
Zizi JEANMAIRE
1924 – 2020 — Figure emblématique du music-hall, danseuse, chanteuse et meneuse de revue, elle connut une carrière internationale éclatante. Muse et interprète privilégiée des chorégraphies de Roland Petit, son époux, elle incarna une élégance audacieuse et joyeuse. Elle repose aujourd’hui à ses côtés, dans la continuité d’un dialogue artistique et amoureux.
Lionel Jospin
1937 - 2026 - Figure marquante de la gauche française contemporaine, Lionel Jospin devient le premier secrétaire du Parti socialiste de 1981 à 1988. Proche de François Mitterrand, il est ministre de l'Éducation nationale de 1988 à 1992. En 1997, il devient Premier ministre sous la présidence de Jacques Chirac. Son gouvernement met en place les 35 heures et la couverture maladie universelle. Candidat à l'élection présidentielle de 2002, il est éliminé dès le premier tour. À la suite de cet échec, il annonce son retrait de la vie politique.
Gérard JOUANNEST
1933 – 2018 — Pianiste et compositeur, il accompagna Jacques Brel dans l’élaboration de plusieurs de ses plus grandes chansons. Musicien de l’ombre, il mit son art au service de la voix et du texte, avec une sensibilité discrète et profonde. Époux de Juliette Gréco, il repose auprès d’elle.
Yves JOUFFA
1920 – 1999 — Résistant, avocat et ardent défenseur des libertés publiques, il présida la Ligue française des droits de l’Homme de 1984 à 1991. Son engagement constant en faveur de l’État de droit fit de lui une conscience civique respectée. Il incarna une fidélité exigeante aux principes démocratiques.
Pierre-Jean JOUVE
1887 – 1976 — Poète et critique d’art à l’œuvre tourmentée, il connut plusieurs métamorphoses intellectuelles, du pacifisme à une exploration de l’inconscient. Résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, il accompagna et éclaira nombre d’artistes du XXe siècle. Sa poésie demeure traversée par la quête d’absolu et de vérité intérieure.
Gustave JUNDT
1830 – 1884 — Peintre, sculpteur et graveur, il fut l’un des artistes sensibles de son temps. Son buste de bronze, œuvre d’Auguste Bartholdi — qui repose à quelques mètres — scelle une fraternité artistique et humaine au-delà des siècles.
Adrien de JUSSIEU
1797 – 1853 — Botaniste éminent, héritier d’une prestigieuse lignée scientifique, il fut le fils d’Antoine-Laurent de Jussieu. Son œuvre contribua à l’essor de la botanique moderne et à la transmission rigoureuse du savoir scientifique au XIXe siècle.
K
Gustave KAHN
1859 – 1936 — Poète symboliste et critique d’art, il fut l’un des grands précurseurs du vers libre. Intellectuel engagé, il mêla étroitement création littéraire et combats politiques, défendant successivement le socialisme, le féminisme et l’anarchisme. Son œuvre témoigne d’un désir constant d’émancipation formelle et sociale.
Joseph KESSEL
1898 – 1979 — Grand reporter et romancier d’envergure, il traversa le XXe siècle au pas de charge. Aventurier, journaliste et écrivain, il s’engagea dans les deux guerres mondiales et fut, avec son neveu Maurice Druon, le coauteur du Chant des Partisans, hymne de la Résistance française.
Georges KIEJMAN
1932 – 2023 — Avocat prestigieux, ancien ministre et figure respectée du barreau, il fut aussi un homme de culture, proche du monde des lettres et du cinéma. Son parcours incarna une certaine idée de l’éloquence, du droit et de l’engagement républicain.
Théodore KLEIN
1920 – 2020 — Avocat, résistant et ardent défenseur des valeurs républicaines, il joua après la guerre un rôle majeur dans la reconstruction du judaïsme français. Il œuvra sans relâche pour le dialogue entre les communautés, l’apaisement des mémoires et la transmission.
Géo KOGER
1894 – 1975 — Parolier d’une fécondité exceptionnelle, il laissa à la chanson française quelques-uns de ses refrains les plus populaires. De J’ai deux amours à Marinella, en passant par La Java bleue ou Prosper, ses textes traversent encore la mémoire collective.
L
Catherine LABORDE
1951 – 2025 — Comédienne, femme de lettres et figure familière du petit écran, elle présenta durant plus de vingt-huit ans la météo sur TF1, imposant un style chaleureux et élégant. Sa voix et son sourire accompagnèrent le quotidien de millions de téléspectateurs, au-delà des saisons. Elle était la sœur de la journaliste Françoise Laborde.
Fernand LABORI
1860 – 1917 — Avocat de conviction, il mit son éloquence au service des causes les plus exposées, où se jouait l’honneur de la justice. Défenseur d’Alfred Dreyfus en 1899, il plaida aussi pour Émile Zola, Thérèse Humbert et Henriette Caillaux, affirmant une conception combative et exigeante du droit.
Philippe LABRO
1936 - 2023 — Journaliste, écrivain, cinéaste et homme de radio, il fut une figure familière du paysage médiatique français pendant plus d'un demi-siècle. À dix-huit ans, une bourse l'emmène aux États-Unis, une découverte fondatrice qui nourrira toute son œuvre. Grand reporter, il s'impose à la radio et à la télévision avant de réaliser plusieurs films dans les années 1970-1980, dirigeant notamment Belmondo, Trintignant et Depardieu. Il publie des romans et récits autobiographiques mêlant mémoire intime et chroniques du siècle, et signe des chansons pour Johnny Hallyday.
Sybille LACAN
1940 – 2013 — Écrivaine et traductrice, seconde fille du psychanalyste Jacques Lacan, elle laissa deux livres d’une densité rare : Mon père et Points de suspension. Dans cette prose à la fois lucide et blessée, se nouent la filiation, la mémoire et la quête de soi, comme un dialogue poursuivi avec l’ombre.
Bernard LAFAY
1903 – 1977 — Homme politique et ancien ministre, il mena une carrière où l’action publique se voulait attentive aux réalités concrètes. Également membre de l’Académie de médecine, il incarna cette figure rare d’un responsable soucieux de santé, de progrès scientifique et d’organisation collective.
Valérie LANG
1966 – 2013 — Actrice et femme de théâtre, fille de Jack Lang, elle mena une carrière exigeante, portée par une fidélité profonde à la scène. Son engagement artistique, autant qu’humain, fit d’elle une présence recherchée et aimée. Sa disparition prématurée laisse un souvenir de sensibilité et de générosité.
Henri LANGLOIS
1914 – 1977 — Fondateur visionnaire de la Cinémathèque française, il sauva de l’oubli des milliers de films, gestes, visages et mondes entiers de celluloïd. Par son obstination de collectionneur et de passeur, il fit reconnaître le cinéma comme un art majeur. Son action marqua durablement plusieurs générations de cinéastes.
Claude LANZMANN
1925 – 2018 — Écrivain, intellectuel et cinéaste, il demeure indissociable de Shoah, œuvre monumentale qui bouleversa la manière de dire l’extermination des Juifs d’Europe. Refusant l’illustration et le spectaculaire, il imposa un cinéma de la parole et du temps, où la mémoire se reconstruit à vif. Son travail reste une borne éthique autant qu’esthétique.
Pierre LAROUSSE
1817 – 1875 — Pédagogue, encyclopédiste et lexicographe, il incarna l’héritage des Lumières appliqué à l’instruction populaire. Son nom demeure attaché à une œuvre éditoriale monumentale, patiemment bâtie pour rendre le savoir accessible. Avec lui, le dictionnaire devient une maison commune de la langue et des idées.
Henri LAURENS
1885 – 1954 — Sculpteur cubiste, proche de Juan Gris et de Picasso, il s’inscrivit très tôt dans le milieu de Montparnasse, laboratoire d’une modernité en formation. Son œuvre, toute de volumes justes et de courbes retenues, conjugue audace formelle et douceur humaine.
Gérard LAUZIER
1932 – 2008 — Dessinateur, dramaturge et réalisateur, il occupa une place singulière dans la culture française par sa satire sociale et son regard acéré sur les mœurs. Sous l’ironie mordante, ses portraits saisissent les contradictions d’une époque et la comédie, parfois cruelle, du quotidien.
Pierre LAVAL
1883 – 1945 — Figure sombre de l’histoire politique française, il fut l’un des principaux artisans du régime de Vichy et de sa politique de collaboration. Condamné pour haute trahison, il fut fusillé en 1945. Son nom demeure attaché aux heures les plus troubles du XXe siècle.
Alphonse LAVERAN
1845 – 1922 — Médecin militaire et pionnier de la parasitologie, il découvrit le parasite responsable du paludisme, ouvrant une ère nouvelle pour la médecine tropicale. Cette avancée majeure lui valut le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1907, premier attribué à un Français dans cette discipline.
Pierre LAVROFF
1823 – 1900 — Écrivain, mathématicien et philosophe russe, il fut aussi une conscience politique, vouée à l’idée d’émancipation. Délégué de la Commune de Paris à Londres et à Bruxelles, il incarna l’exil révolutionnaire du XIXe siècle, où la pensée se forge loin de la patrie.
Bernard LAZARE
1865 – 1903 — Anarchiste, écrivain et journaliste, il fut le premier à défendre publiquement le capitaine Dreyfus dès 1896, avant que la cause ne devienne nationale. Sa lucidité morale et son courage intellectuel en font l’une des grandes consciences de l’Affaire. Il paya cher, dans sa vie comme dans sa santé, cette fidélité à la vérité.
Urbain LE VERRIER
1811 – 1877 — Mathématicien et astronome de génie, il découvrit Neptune par le seul calcul, sans observation directe, comme si l’esprit devançait le télescope. Directeur de l’Observatoire de Paris, il incarna l’excellence scientifique française du XIXe siècle, non sans rigueur et controverses.
Renée LEBAS
1917 – 2009 — Chanteuse et productrice, elle créa La Mer de Charles Trenet, inscrivant sa voix à l’origine d’un classique absolu. Elle joua aussi un rôle décisif dans la révélation de nombreux talents, dont Serge Reggiani, qu’elle accompagna avec exigence et flair.
Maurice LEBLANC
1864 – 1941 — Journaliste devenu écrivain, il est le créateur d’Arsène Lupin, « gentleman cambrioleur » dont les premières aventures parurent en 1905. Entre élégance, ruse et panache, le personnage connut un succès mondial durable, traversant le siècle par d’innombrables adaptations.
Gérard LEBOVICI
1932 – 1984 — Éditeur et producteur influent, il marqua la vie intellectuelle et cinématographique des années 1970 par des choix audacieux et souvent dérangeants. Assassiné dans des circonstances demeurées obscures, il laissa l’ombre d’une énigme autour d’un parcours fulgurant.
Charles LECONTE DE L'ISLE
1818 – 1894 — Poète majeur du Parnasse, il fit de la forme une discipline souveraine et de la poésie une statue de langue. Élu à l’Académie française en 1886, il succéda à Victor Hugo, comme un passage de flambeau entre deux visions du siècle. Son œuvre, d’une rigueur extrême, marque durablement la poésie du XIXe siècle.
Philippe LÉOTARD
1940 – 2001 — Acteur, chanteur et esprit libre, il marqua le cinéma français par des interprétations d’une intensité sombre et fraternelle. Couronné par le César du meilleur acteur en 1983 pour La Balance, il sut incarner des figures tourmentées, mêlant fragilité et force, sans jamais perdre sa vérité d’homme.
Marcel L'HERBIER
1888 – 1979 — Pionnier du septième art, il donna au cinéma français ses premières audaces avant-gardistes, où l’image cherchait déjà sa modernité. Fondateur de l’IDHEC en 1943, il contribua décisivement à la formation de plusieurs générations de cinéastes.
André LHOTE
1885 – 1962 — Peintre et pédagogue influent, il forma des générations d’artistes, faisant de l’atelier un lieu de rigueur et de liberté. Parmi ses élèves figure Serge Gainsbourg, qui conserva de cette discipline picturale un sens aigu de la composition et du trait.
Jérôme LINDON
1925 – 2001 — Éditeur emblématique des éditions de Minuit, il accompagna avec une fidélité exigeante les grandes voix de la littérature contemporaine, de Beckett à Robbe-Grillet. Il incarna une idée presque ascétique de l’édition : rigueur, patience, et confiance absolue dans la forme.
Jacques LISFRANC
1790 – 1848 — Chirurgien éminent du XIXe siècle, il innova profondément dans les techniques opératoires, notamment en matière d’amputations et de ligatures. Son œuvre contribua à fixer les règles de la chirurgie moderne, alliant rigueur scientifique et souci du patient. L’épitaphe de sa tombe prolonge cette réputation d’exactitude et d’humanité.
Émile LITTRÉ
1801 – 1881 — Médecin, philosophe et lexicographe, il demeure l’auteur du monumental Dictionnaire de la langue française, universellement connu sous le nom de Littré. Œuvre de patience et d’intelligence, ce dictionnaire incarne une ambition encyclopédique rare, au service de la langue, de la raison et de la transmission.
Baltasar LOBO
1910 – 1993 — Sculpteur espagnol exilé en France en 1939, accueilli par Picasso et proche d’Henri Laurens, il développa une œuvre épurée et sensuelle. Sa tombe, ornée de l’une de ses sculptures, prolonge dans la pierre l’élan de sa création, comme si l’art refusait de se taire.
Pierre LOEB
1897 – 1964 — Fondateur en 1924 de la galerie Pierre, il fut l’un des grands passeurs de l’art moderne, découvrant, soutenant, exposant avec un œil sûr. Intime des artistes de son temps, il proposa un jour à Serge Gainsbourg d’exposer ses œuvres, proposition que celui-ci refusa pour se tourner vers la chanson.
Marceline LORIDAN-IVENS
1928 – 2018 — Résistante et cinéaste, déportée avec Simone Veil, elle fut un témoin infatigable de la Shoah. Son œuvre et sa parole s’attachent à sauver ce qui vacille : la mémoire, les visages, la dignité humaine. Elle repose auprès de Joris Ivens, son compagnon de création.
M
Florence MALRAUX
1933 – 2018 — Fille de Clara Goldschmidt et d’André Malraux, elle vécut au plus près d’un certain cœur battant de la culture française. Elle travailla auprès de François Truffaut et d’Alain Resnais, qu’elle épousa en 1969, et accompagna, avec discrétion, les grandes heures du cinéma d’après-guerre.
MAN RAY
1890 – 1976 — Peintre et photographe emblématique des Années folles, il installa son atelier à deux pas, rue Campagne-Première. Figure majeure de l’avant-garde, il fit de Montparnasse un laboratoire d’images, où l’invention le disputait à l’insolence. Son œuvre demeure l’un des alphabets visuels du XXe siècle.
Charles MANGIN
1866 – 1925 — Général controversé de la Grande Guerre, inhumé aux Invalides, il est ici honoré par un cénotaphe. Son parcours militaire reflète la doctrine offensive et la foi stratégique d’une époque, avec ses grandeurs et ses aveuglements. Ce monument rappelle moins un corps qu’un débat d’histoire.
Jacques MARSEILLE
1945 – 2010 — Historien et économiste, d’abord militant communiste dans les années 1960, il s’orienta ensuite vers une pensée libérale. Ses analyses, souvent polémiques, proposèrent une critique argumentée de la social-démocratie française. Il demeura, jusqu’au bout, un esprit de controverse et de démonstration.
Henri MARTIN
1810 – 1883 — Historien éminent, auteur d’une monumentale Histoire de France, il donna à la nation un long récit continu, nourri d’érudition et de souffle civique. Député, sénateur et maire du seizième arrondissement, il conjuga l’œuvre savante et l’engagement public, comme deux versants d’un même devoir.
Jean MARTIN
1922 – 2009 — Comédien formé par Roger Blin, il servit Beckett et Ionesco avec une sobriété qui faisait entendre l’essentiel. Au cinéma, il tourna dans une cinquantaine de films, incarnant l’art du second rôle : celui qui, sans s’imposer, imprime une présence durable.
François MASPERO
1932 – 2015 — Écrivain et éditeur, il fit de son métier un acte : publier pour éclairer, pour contester, pour ouvrir des voies. Fondateur des éditions Maspero, il accompagna les luttes anticoloniales et les combats intellectuels des années 1960 et 1970 avec une exigence morale rare.
Gaston MASPERO
1846 – 1916 — Égyptologue de réputation internationale, il contribua de manière décisive à la connaissance de l’Égypte ancienne. Savant et administrateur du patrimoine, il œuvra aussi à la sauvegarde des sites et des collections, à une époque où l’archéologie se confondait encore souvent avec la prédation.
Guy de MAUPASSANT
1850 – 1893 — Maître de la nouvelle et du réalisme, il observa son siècle avec une précision parfois cruelle, toujours souveraine. Son œuvre, d’une limpidité trompeuse, n’a cessé d’être adaptée au théâtre, au cinéma et à la télévision, touchant un public sans cesse renouvelé.
Claude MAURIAC
1914 – 1996 — Fils de François Mauriac, il mena une vie partagée entre littérature, presse et engagement politique. Gaulliste de gauche, il fut secrétaire particulier du général de Gaulle de 1944 à 1948, tout en affirmant une voix singulière, souvent intérieure, dans ses livres.
Édouard de MAX
1869 – 1924 — Tragédien flamboyant, figure excentrique et magnétique, il fascina son époque par sa diction lyrique et sa voix de stentor. Ami de Gide et de Cocteau, il incarna une théâtralité hors norme, où le verbe devenait spectacle à lui seul.
Catulle MENDÈS
1841 – 1909 — Poète et écrivain prolifique, il mena une vie foisonnante, à l’image d’une œuvre qui touche aux romans, aux contes et au théâtre. Père de dix enfants, il connut aussi la part d’ombre des destinées : l’un des siens tomba au Chemin des Dames en 1917.
Armand MESTRAL
1917 – 2000 — Chanteur, acteur et peintre, longtemps habitant de la rue Froidevaux, il traversa la scène et l’écran avec une discrète fidélité. Présent dans plusieurs films et téléfilms, il se voit aussi immortalisé, à sa manière, dans Je me souviens de Georges Perec.
Alexandre METAYER
1930 – 2004 — Humoriste au parcours singulier, il débuta en première partie de Georges Brassens à Bobino avant de s’illustrer dans les cabarets et à la radio. Son art, fait de précision et d’ironie, lui valut le prix de l’humour de la SACEM en 1975.
Paul MISRAKI
1908 – 1998 — Compositeur inspiré, il signa pour Ray Ventura et son orchestre des succès devenus proverbiaux, dont Tout va très bien, Madame la Marquise. Sa musique incarne l’esprit vif et léger de l’entre-deux-guerres, où l’élégance savait se faire malicieuse.
Maria MONTEZ
1912 – 1951 — Surnommée « le Cyclone des Caraïbes », elle brilla dans les films d’aventure hollywoodiens, icône d’un exotisme flamboyant. Elle disparut brutalement à trente-neuf ans, laissant l’image d’une étoile rapide, consumée par son propre éclat.
Joëlle MOGENSEN
1953 - 1982 — Chanteuse emblématique du groupe pop Il était une fois, dont elle devient l'icône en 1972 avec des tubes comme J'ai encore rêvé d'elle et Viens faire un tour sous la pluie. Après l'éclatement du groupe en 1979, elle tente une carrière solo et anime l'émission Tout nouveau tout beau en 1981. Elle meurt brutalement en 1982 à l'âge de 29 ans.
Hégésippe MOREAU
1810 – 1838 — Poète maudit par excellence, il vécut dans la misère et mourut de tuberculose à vingt-huit ans. Son unique recueil, Le Myosotis, parut quelques jours après sa mort, comme une fleur déposée trop tard sur une vie brève.
Roland MORENO
1945 – 2012 — Inventeur autodidacte et esprit libre, il créa la carte à puce en 1974, petite révolution devenue universelle. On dit que des visiteurs déposent parfois, en guise d’hommage, une carte sur sa tombe : signe discret d’une gratitude moderne.
Michèle MORGAN
1920 – 2016 — Actrice mythique du cinéma français, inoubliable partenaire de Jean Gabin dans Le Quai des brumes, elle incarna une grâce classique, faite de retenue et de lumière. Son regard, devenu légende, appartient désormais à la mémoire commune.
Lucien MORISSE
1929 – 1970 — Homme de radio visionnaire, créateur de Salut les Copains, il contribua à l’essor des yéyés et à la fabrication moderne du « tube ». Époux éphémère de Dalida, il mit fin à ses jours en 1970, laissant derrière lui une réussite fulgurante et une blessure silencieuse.
Vincent de MORO-GIAFFERI
1878 – 1956 — Avocat flamboyant, il défendit des causes retentissantes, de Landru à Seznec, et donna au barreau quelques-unes de ses grandes heures oratoires. Député et président du Conseil général de Corse, il fut aussi un homme public, à la croisée du droit, de la politique et de la légende.
Aimée MORTIMER
1901 – 1978 — Soprano de l’entre-deux-guerres, elle connut ensuite une seconde vie publique en devenant animatrice de télévision dans les années 1950 et 1960. Cette reconversion, rare pour l’époque, lui valut une notoriété nouvelle auprès d’un large public.
MOEBIUS
1938 – 2012 — Dessinateur majeur de la bande dessinée, il acquit une renommée mondiale sous le nom de Moebius et élargit l’horizon graphique de plusieurs générations. Cofondateur des Humanoïdes Associés, il révolutionna durablement l’imaginaire contemporain par la limpidité de sa ligne et l’audace de ses mondes.
Mounet-Sully
1841 - 1916 - Mounet-Sully, de son vrai nom Jean-Sully Mounet, est un comédien français. Il entre à la Comédie-Française en 1872, où il devient rapidement sociétaire et s'impose comme l'un des plus grands tragédiens de son époque. Son jeu intense et expressif marque profondément le public et la critique. Il contribue au renouveau du théâtre tragique en France à la fin du XIXe siècle. Il demeure une figure emblématique de l'histoire du théâtre français.
Yves MOUROUSI
1942 – 1998 — Figure emblématique du journalisme télévisé, il transforma, dans les années 1970 et 1980, la forme du journal et l’art de l’entretien. Son style, direct et incarné, imposa une modernité nouvelle, où l’information se faisait spectacle sans renoncer tout à fait à l’exigence.
Philippe MURAY
1945 – 2006 — Philosophe et romancier à l’ironie tranchante, il disséqua les illusions de la modernité avec une lucidité volontiers cruelle. S’éloignant dès la fin des années 1960 des orthodoxies dominantes, il fit de la satire une méthode et de l’observation une arme, traquant les conformismes nouveaux derrière les grands mots.
N
Fernand NATHAN
1858 – 1947 — De son vrai nom Fernand Cahen, bientôt connu sous le nom de « Nathan », il posa, avec Jean-Baptiste Fauvé, les premières pierres d’une maison d’édition appelée à devenir emblématique. Son œuvre s’inscrivit durablement dans le domaine scolaire et pédagogique, au service de la diffusion du savoir.
Jean-Jacques NATHAN
1920 – 1987 — Petit-fils du fondateur, il dirigea la maison Nathan dans la seconde moitié du XXe siècle. Sous son impulsion, l’entreprise s’éloigna peu à peu de son caractère familial, amorçant une transformation structurelle profonde. Une page se tournait : celle de la dynastie éditoriale.
Pierre NATHAN
1893 – 1979 — Fils de Fernand Nathan, il assura la continuité de la maison après la disparition de son fondateur. À sa mort, il transmit la direction à son propre fils, Jean-Jacques, prolongeant l’élan familial avant que ne s’imposent, bientôt, les logiques d’un monde plus financier. Entre transmission et bascule, il incarne une charnière.
Claude NIEPCE DE SAINT-VICTOR
1805 – 1870 — Neveu de Nicéphore Niépce, il joua un rôle essentiel aux débuts de la photographie. Ses recherches sur la fixation des images et la photographie sur verre contribuèrent de manière décisive aux progrès techniques du XIXe siècle. À travers lui, la lumière devient procédé, puis mémoire.
Marie-Laure de NOAILLES
1902 – 1970 — Figure majeure des Années folles, mécène audacieuse et artiste à sa manière, elle soutint les avant-gardes littéraires et plastiques avec un goût sûr. Elle repose auprès de son époux Charles. Issue, par sa lignée paternelle, de la famille Bischoffsheim, elle incarna une élégance alliée à une liberté créatrice peu commune.
Philippe NOIRET
1930 – 2006 — Acteur majeur du cinéma français, il séduisit plusieurs générations par un jeu d’apparente simplicité, mêlant humanité, ironie et profondeur. Sa voix, sa lenteur, son sourire à demi-voilé composent une présence reconnaissable entre toutes, et d’une renommée internationale durable.
O
René de OBALDIA
1918 – 2022 — Écrivain, poète et dramaturge inclassable, mêlant fantaisie, humour et poésie, il fut l’un des auteurs français les plus joués au monde, traduit en vingt-huit langues. Collaborateur de Clara Malraux, de Roland Barthes, d’Ionesco et de Beckett, il écrivit aussi des chansons et monta sur scène. Académicien, il en fut le doyen à l’âge de cent trois ans.
Mathieu ORFILA
1787 – 1853 — Considéré comme le père de la toxicologie moderne, il fut nommé professeur de médecine légale à Paris en 1819. Auteur d’ouvrages de référence, dont le Traité de médecine légale, plusieurs fois réédité et traduit, il influença durablement la pratique médico-légale au XIXe siècle.
Gérard OURY
1919 – 2006 — Figure majeure du cinéma populaire français, il signa des succès mémorables, dont La Grande Vadrouille (1966), l’un des plus grands triomphes du box-office national, alliant comédie, sens du rythme et efficacité narrative.
Claudine OGER (ou Auger)
1941 – 2019 — Élue Miss Cinémonde en 1957, puis première dauphine de Miss Monde, elle entra dans l’histoire du cinéma en devenant, en 1965, la première James Bond girl française dans Opération Tonnerre, aux côtés de Sean Connery. Sur sa stèle ne figure que le nom de son époux, Brent.
P
Paul PAINLEVÈ
1863 – 1933 — Mathématicien de premier plan et homme d’État, plusieurs fois président du Conseil, il demanda lui-même sa panthéonisation. Le cénotaphe que l’on découvre ici rappelle la double exigence intellectuelle et civique de son parcours.
Jean-Claude PASCAL
1927 – 1992 — Acteur, chanteur et écrivain, héros du cinéma des années 1950, vétéran décoré de la 2e DB, il remporta l’Eurovision en 1961. Bien que ses cendres aient été dispersées entre la Tunisie et la Normandie, ce cénotaphe entretient le souvenir d’une vie aux multiples métamorphoses, achevée dans la discrétion de l’écriture romanesque.
Pan Yu Lin
1899 (ou 1895) - 1977 - Pan Yu Lin parfois appelée Pan Yuliang, est une artiste peintre chinoise. Issue d'un milieu modeste, elle connaît une jeunesse difficile avant de se former aux beaux-arts. Elle étudie en Chine puis en France, notamment à Paris et à Lyon. Elle est particulièrement connue pour ses nus féminins et ses portraits. Son style audacieux suscite à la fois admiration et controverse en Chine. Aujourd'hui, elle est reconnue comme une figure majeure de la peinture moderne chinoise.
Jules PASCIN
1885 – 1930 — Peintre et dessinateur emblématique de l’École de Paris, figure troublante des Années folles. Sa stèle, haute comme un menhir, porte une gravure de sa main, accompagnée d’une épitaphe signée André Salmon.
Max PÉCAS
1925 – 2003 — Réalisateur et producteur singulier, longtemps surnommé le « roi du navet », il n’en fut pas moins un artisan majeur du cinéma populaire. Ses films de série B révélèrent nombre de talents et rencontrèrent un public fidèle.
Adolphe PÉGOUD
1889 – 1915 — Pionnier héroïque de l’aviation, pilote d’essai chez Blériot, premier homme à sauter en parachute et à exécuter un looping. As de la Grande Guerre, il incarne l’audace fondatrice de l’aviation moderne.
Auguste PERRET
1874 – 1954 — Architecte visionnaire, il comprit très tôt les vertus structurelles et esthétiques du béton armé, qu’il éleva au rang de langage architectural majeur du XXe siècle.
Annie PÉTAIN —
1877 – 1962 — Épouse du maréchal Pétain, inhumé sur l’île d’Yeu, elle préférait se faire appeler Annie. Sa présence ici rappelle une figure restée en retrait de l’Histoire, mais intimement liée à l’une de ses pages les plus sombres.
Roland PETIT
1924 – 2011 — Chorégraphe de génie, il renouvela profondément le ballet au XXe siècle, conjuguant audace, sensualité et modernité, et marqua durablement la scène internationale.
Marcel PHILIPPOT
1953 – 2018 — Comédien, resté dans les mémoires pour son rôle du client irascible dans la série Palace, incarnation jubilatoire de la satire télévisuelle des années 1980.
Maurice PIALAT
1925 – 2003 — Peintre et cinéaste majeur, Palme d’or à Cannes pour Sous le soleil de Satan, il livra une œuvre âpre, sincère et sans concession, portée notamment par Gérard Depardieu dans plusieurs rôles marquants.
Jean PIAT
1924 – 2018 — Comédien d’exception, inoubliable Robert d’Artois dans Les Rois maudits, il prêta aussi sa voix à Gandalf, à Peter O’Toole et à d’innombrables figures du grand écran.
Paul PICASSO
1921 – 1975 — Fils de Pablo Picasso, il mena une vie discrète, demeurant dans l’ombre tutélaire de l’un des plus grands artistes du XXe siècle.
Charles PIGEON
1838 – 1915 — Entrepreneur ingénieux, son nom reste attaché à une célèbre lampe… qu’il n’inventa pas, mais dont il eut l’intuition commerciale en déposant le brevet.
PLON (éditeur)
Sépulture familiale de la Maison d’édition historique dont les héritiers publièrent de grands auteurs, de Paul Bourget à Winston Churchill, contribuant à la diffusion d’une littérature exigeante et populaire.
Henri POINCARÉ
1854 – 1912 — Génie universel, précurseur de la théorie du chaos, il fut aussi un philosophe de la science, passeur subtil entre les mondes visibles et invisibles de la connaissance.
Jean POIRET
1926 – 1992 — Acteur et auteur dramatique, son humour et son sens du rythme firent les beaux jours du théâtre et du cinéma français.
Auguste PONSOT
1846 – 1924 — Chimiste ingénieux, il inventa au XIXe siècle le célèbre papier d’Arménie, devenu un objet familier des intérieurs français.
François POUQUEVILLE
1770 – 1838 — Médecin, écrivain et diplomate, ancien prisonnier de l’expédition d’Égypte, il contribua à éveiller la conscience européenne à la cause grecque.
Suzanne PROU
1920 – 1995 — Romancière, lauréate du prix Renaudot en 1973, elle fut également membre du jury Femina, défendant une littérature exigeante et sensible.
Q
Les Quatre Sergents de La ROCHELLE
1822 – 1822 — Martyrs libéraux exécutés pour conspiration, ils incarnent la lutte contre la Restauration monarchique et la mémoire d’un idéal républicain naissant.
Antoine QUATREMÈRE DE QUINCY
1755 – 1849 — Philosophe et critique d’art, rescapé de la Terreur, défenseur du patrimoine parisien, il fut l’un des premiers théoriciens de la conservation monumentale.
R
Tania RACHEVSKAÏA
1887 – 1910 — Sa tombe est marquée par Le Baiser de Brancusi, sculpture fondatrice de l’art moderne, devenue l’un des emblèmes du cimetière.
Auguste RAFFET
1804 – 1860 — Peintre de l’épopée napoléonienne, il contribua à forger l’imaginaire du grognard, laissant une œuvre aujourd’hui conservée au Louvre.
Michel RAGON
1924 – 2020 — Critique d’art et écrivain libertaire, il défendit une conception de l’art affranchie des logiques spéculatives, fidèle à l’humanisme créateur.
Jean-Pierre RAMPAL
1922 – 2000 — Flûtiste virtuose, il fit rayonner son instrument sur toutes les scènes du monde et grava plus de quatre cents enregistrements.
Charles RAPPOPORT
1865 – 1941 — Militant communiste et intellectuel indépendant, il refusa l’alignement stalinien et conserva une pensée critique jusqu’au bout.
Camille RASPAIL
1827 – 1893 — Médecin et homme politique, fils de François Raspail, il poursuivit l’engagement scientifique et républicain familial.
Jean RASPAIL
1925 – 2020 — Écrivain et explorateur, royaliste assumé, deux fois couronné par l’Académie française, il bâtit une œuvre singulière, empreinte de nostalgie et de panache.
Georges REBATTET
1907 – 1976 — Grand résistant, officier des FFI, compagnon de la Libération, il consacra l’après-guerre à l’idéal européen.
Joseph RÉCAMIER
1774 – 1852 — Fondateur de la gynécologie moderne, professeur au Collège de France, il fut révoqué pour avoir refusé un serment jugé arbitraire.
Serge REGGIANI
1922 – 2004 — Immense comédien et chanteur, icône du XXe siècle, il repose ici auprès de son fils et de ses parents.
Henri REGNAULT
1843 – 1871 — Prodige de la peinture, lauréat du prix de Rome, il tomba à Buzenval en 1870. Saint-Saëns lui dédia sa Marche héroïque.
Claude RÉGY
1923 – 2019 — Metteur en scène majeur, il développa une esthétique épurée centrée sur la parole et le silence, dirigeant les plus grands acteurs.
Jean-Marc REISER
1941 – 1983 — Dessinateur satirique majeur, figure de Hara-Kiri et Pilote, il incarna l’esprit libertaire et corrosif de la presse dessinée.
Louis RENAULT
1843 – 1918 — Prix Nobel de la paix en 1907, sans lien avec l’industriel homonyme, il œuvra pour l’arbitrage international.
Alain RESNAIS
1922 – 2014 — Cinéaste majeur, figure de la modernité cinématographique française, son œuvre conjugue mémoire, expérimentation et émotion.
Pierre RESTANY
1930 – 2003 — Théoricien du Nouveau Réalisme, compagnon de César, Tinguely et Niki de Saint Phalle, il fit rayonner l’art français dans le monde.
Jean-François REVEL
1924 – 2006 — Philosophe et essayiste, élu à l’Académie française, il mena une réflexion lucide sur les idéologies, dialoguant même avec son fils moine bouddhiste Matthieu Ricard.
Evelyne REY
1930 – 1966 — Comédienne de théâtre et de télévision, sa vie sentimentale tumultueuse, évoquée par Claude Lanzmann, s’acheva tragiquement par un suicide précoce.
Paul REYNAUD
1878 – 1966 — Président du Conseil en 1940, il incarna une tentative désespérée de résistance politique face à l’effondrement imminent.
Maurice RHEIMS
1910 – 2003 — Académicien, résistant et expert en art, il transmit à ses filles Bettina et Nathalie Rheims le goût de la création et de la transmission.
Yves ROBERT
1920 – 2002 — Réalisateur populaire et sensible, auteur de films devenus cultes, il sut capter avec tendresse l’enfance et les émotions collectives.
Yves ROCARD
1903 – 1992 — Scientifique discret mais essentiel, résistant, artisan de la défense nucléaire française, père de Michel Rocard.
Étienne RODA-GIL
1941 – 2004 — Parolier libre et inspiré, sa tombe sans nom, recouverte de lierre, dit à elle seule l’humilité et la profondeur de son œuvre.
Éric ROHMER
1920 – 2010 — Figure de la Nouvelle Vague, son cinéma, longtemps discret, s’imposa par la finesse morale et la justesse de ses dialogues.
Jacqueline de ROMILLY
1913 – 2010 — Grande helléniste, elle repose sous une dalle d’une modestie émouvante. Des lecteurs déposent encore des livres sur sa tombe, hommage silencieux à la transmission du savoir.
Sœur ROSALIE
1786 – 1856 — Religieuse et bienfaitrice des pauvres de Paris, figure de charité exemplaire, vénérée pour son action sociale et spirituelle au XIXe siècle.
Jean-Pierre ROSNAY
1926 – 2009 — Poète et résistant — décoré de la Croix de guerre à l’âge de dix-sept ans — il fonda le Club des Poètes, dont la voix familière résonna durant des décennies à la radio : « Amis de la poésie, bonsoir ! ».
Frédéric ROSSIF
1922 – 1990 — Cinéaste et documentariste de génie, célèbre pour L’Opéra sauvage et L’Apocalypse des animaux, il fut aussi engagé dans la 2e DB du général Leclerc. Monteur d’exception, il participa à Cinq colonnes à la une et réalisa le documentaire majeur De Nuremberg à Nuremberg.
Oscar ROTY
1846 – 1911 — Graveur renommé, créateur de la célèbre Semeuse ornant pièces et timbres, lauréat du prix de Rome et membre de l’Académie des Beaux-Arts, il incarna une rare alliance de talent, de constance et de générosité.
Jean ROULIER
1891 – 1916 — Officier de marine, mort pour la France à Trieste, il figure parmi les tout premiers pilotes à avoir attaqué et gravement endommagé un sous-marin ennemi.
Gustave ROUSSY
1874 – 1948 — Neurologue, pathologiste et cancérologue suisse naturalisé français, il est à l’origine de l’Institut national du cancer, qui porte aujourd’hui son nom.
René ROUZAUD
1905 – 1976 — Journaliste et parolier fécond, il offrit des centaines de chansons à Piaf, Montand, Ferré, Dalida ou Chevalier. Cofondateur de la SACEM, producteur à l’ORTF, il laisse une empreinte durable dans la chanson française.
François RUDE
1784 – 1855 — Sculpteur majeur du XIXe siècle, auteur du célèbre Départ des volontaires de 1792 — La Marseillaise — pour l’Arc de Triomphe, œuvre emblématique de l’élan romantique et patriotique.
Julio RUELAS
1870 – 1907 — Artiste mexicain symboliste, graveur et illustrateur, dont l’œuvre sombre et onirique dialogue avec les courants décadents européens.
Heinrich-Daniel RUHMKORFF
1803 – 1877 — Inventeur majeur du XIXe siècle, créateur de la bobine d’induction capable de produire de longues étincelles électriques. Il fonda une entreprise renommée pour l’excellence de ses appareils scientifiques.
S
Robert SABATIER
1923 – 2012 — Membre de l’Académie Goncourt, il est l’auteur du cycle du Roman de l’Olivier, chronique sensible de la jeunesse parisienne, et d’une remarquable Histoire de la poésie française.
Germaine SABLON
1899 – 1985 — Chanteuse et actrice, résistante courageuse, elle fut une interprète du Chant des Partisans, devenu hymne de la Résistance.
Jean SABLON
1906 – 1994 — Auteur-compositeur et interprète, pionnier du chant au microphone dès 1936, il modernisa durablement l’art vocal de la chanson française.
Charles SAINTE-BEUVE
1804 – 1869 — Grand critique littéraire du XIXe siècle, sa sépulture est surmontée d’une sculpture controversée. Ironie du sort pour un homme qui sut pourtant si bien juger les lettres… et séduire l’épouse de Victor Hugo.
Camille SAINT-SAËNS
1835 – 1921 — Compositeur prodige, figure majeure de la musique française, auteur de Samson et Dalila et du Carnaval des animaux, il incarna une élégance musicale traversant tout le XIXe siècle.
Jules SANDEAU
1811 – 1883 — Romancier à succès et académicien, il laissa son nom — du moins sa première syllabe — à Aurore Dupin, devenue George Sand.
Marielle de SARNEZ
1951 – 2021 — Figure fidèle du centre français, proche de François Bayrou, députée européenne durant près de vingt ans, elle joua un rôle clé dans les campagnes présidentielles du Mouvement démocrate.
Claude SARRAUTE
1927 – 2023 — Journaliste et femme de lettres, fille de Nathalie Sarraute, elle incarna un esprit libre et incisif dans la presse culturelle française.
Jean-Paul SARTRE
1905 – 1980 — Philosophe majeur de l’après-guerre, écrivain et dramaturge, figure centrale de l’existentialisme, il refusa le prix Nobel de littérature en 1964, geste emblématique de son indépendance.
Claude SAUTET
1924 – 2000 — Cinéaste subtil des relations humaines, auteur de César et Rosalie et Vincent, François, Paul et les autres, il fit émerger une galerie de personnages portés par Montand, Romy Schneider, Piccoli et Reggiani.
Pierre SCHOENDOERFFER
1928 – 2012 — Membre de l’Académie des Beaux-Arts, documentariste puis cinéaste et romancier, couronné par le prix Interallié et le Grand Prix de l’Académie française, il laissa une œuvre majeure où l’aventure se mêle à la mémoire, de La 317e section au Crabe-Tambour.
Édouard SCHURÉ
1841 – 1929 — Philosophe, écrivain et musicologue, auteur des Grands Initiés, livre spirituel maintes fois réédité, il incarna une quête d’absolu à la croisée de l’érudition, du mythe et de l’intuition.
Léon SCHWARTZENBERG
1923 – 2003 — Médecin, résistant et cancérologue de renom, il fut un homme de parole libre, engagé auprès des plus humbles. Compagnon de Marina Vlady à partir de 1980, il porta sa science comme une forme de responsabilité morale.
Marcel SCHWOB
1867 – 1905 — Disparu à trente-sept ans, il laissa une œuvre brève mais décisive, dont la puissance d’invention marqua durablement Gide et, plus tard, Borges. Journaliste et écrivain fulgurant, il demeure l’un des maîtres secrets de la littérature moderne.
Jean SEBERG
1938 – 1979 — Actrice américaine devenue icône de la Nouvelle Vague, elle entra dans la légende avec À bout de souffle : la vendeuse de journaux lançant son « New York Herald Tribune ! » dans Paris, image à jamais gravée.
Olivier SÉCHAN
1911 – 2006 — Écrivain polyglotte, lauréat du prix des Deux Magots, puis du prix du Roman d’aventure, il travailla chez Hachette et écrivit de nombreux livres pour la jeunesse, conjuguant exigence et sens du récit.
Thierry SÉCHAN
1949 – 2019 — Écrivain, journaliste et parolier (notamment pour Julien Clerc et Elsa), il fut une figure paradoxale : engagé contre le racisme, mais controversé pour certaines collaborations. Frère de Renaud, il demeura aussi un interprète inspiré de Leonard Cohen.
Pierre SEGHERS
1906 – 1987 — Poète, éditeur et résistant, il créa la mythique collection Poètes d’aujourd’hui, qui fit rayonner les voix du XXe siècle. Sa dalle restaurée, ornée d’une mosaïque lumineuse, rend un hommage discret à celui qui fit tant pour la poésie.
Jean-Jacques SEMPÉ
1932 – 2022 — Dessinateur du Petit Nicolas, il repose sous une dalle où il est représenté à vélo : image simple, tendre et joyeuse, à son exact portrait.
Delphine SEYRIG
1932 – 1990 — Actrice et militante féministe, voix incomparable du cinéma français, elle demeure une présence de grâce et de combat. Sa tombe, toujours fleurie, dit l’attachement persistant du public.
Maurice SIEGEL
1919 – 1985 — Directeur général d’Europe 1, écarté en 1974 pour sa liberté de ton, il fonda ensuite VSD. Une figure qui rappelle qu’en matière d’information, l’indépendance se paie parfois comptant.
Susan SONTAG
1933 – 2004 — Née à New York, elle choisit pourtant Montparnasse pour demeure ultime. Intellectuelle engagée, proche de Barthes, elle défendit les causes humanistes et analysa la culture avec une lucidité rare, de Contre l’interprétation à Devant la douleur des autres.
Cécile SOREL
1873 – 1966 — Star de la Belle Époque puis des Années folles, elle brûla les planches dans des costumes extravagants, cultivant un art volontairement « outré », voisin par l’audace de celui de Sarah Bernhardt.
Pierre SOULAGES
1919 – 2022 — Peintre et graveur, il fit du noir une lumière, de l’ombre une profondeur : « outrenoir », disait-il, comme on franchit une frontière. Il demeure l’un des grands pionniers de l’abstraction lyrique.
Chaïm SOUTINE
1893/94 – 1943 — Peintre emblématique des Années folles, ami de Modigliani, il repose près de Marie-Berthe Aurenche. Sur sa tombe, un arbuste pousse, et des pinceaux sont souvent déposés, comme si l’on venait y saluer une fièvre de création.
T
Claude TCHOU
1923 – 2010 — Éditeur audacieux, doué d’un flair rare, il sut ouvrir des chemins à des textes atypiques, là où d’autres n’auraient vu que risque.
Hervé TEMIME
1957 – 2023 — Avocat pénaliste, sacré « Avocat de l’année » en 2019, il défendit de nombreuses figures du monde culturel, politique ou économique. Une vocation née de la fascination pour la plaidoirie, devenue métier de présence et de précision.
Laurent TERZIEFF
1935 – 2010 — Comédien, acteur, metteur en scène : un artisan du verbe et du silence, une figure de théâtre dont la noblesse intérieure faisait la signature.
Augustin THIERRY
1795 – 1856 — Historien visionnaire et styliste inspiré, pionnier d’une histoire littéraire et sensible, il repose auprès de son frère Amédée. Son œuvre fit entendre que l’histoire peut être une écriture — et une voix.
Roland TOPOR
1938 – 1997 — Artiste polymorphe et inclassable, dessinateur, écrivain, peintre, comédien, il cultiva l’étrange avec une ironie souveraine. Sa pierre, ornée d’une œuvre de sa main, prolonge cette liberté.
Alain TOURAINE
1925 – 2023 — Sociologue majeur, pionnier de l’analyse des mouvements sociaux, il observa les forces qui déplacent l’histoire. Son itinéraire public, parfois discuté, n’enlève rien à l’influence durable de ses travaux.
Gilbert TRIGANO
1920 – 2001 — Résistant, il fonda le Club Méditerranée, dont il devint PDG en 1963. Une aventure entrepreneuriale devenue phénomène culturel, symbole d’un art nouveau des vacances.
Henri TROYAT
1911 – 2007 — Né dans l’Empire russe, arrivé à Paris en 1917, il écrivit plus d’une centaine d’ouvrages, notamment de grandes biographies. Élu à l’Académie française en 1959, il incarna l’écrivain laborieux et fécond.
Maurice TUBIANA
1920 – 2013 — Résistant, cancérologue éminent, membre de l’Académie des sciences et de l’Académie nationale de médecine, il reçut un hommage militaire aux Invalides : preuve que certaines vies réunissent science et service.
U
V
Jules VALADON
1826 – 1900 — Peintre apprécié pour ses têtes d’expression et ses natures mortes, ami proche de François Coppée, il laissa une œuvre sensible, attentive aux visages et aux choses humbles.
César VALLEJO
1892 – 1938 — Grande voix de la littérature hispanophone, engagé dans la guerre d’Espagne, il repose ici sous une épitaphe de sa compagne Georgette, dont la beauté a la densité d’un poème : « J’ai tant neigé pour que tu dormes… »
Félix VALLOTON
1865 – 1925 — Artiste franco-suisse d’une étonnante variété — peintre, graveur, illustrateur, écrivain — il conquit très tôt une renommée internationale par ses bois gravés d’une sobriété saisissante.
Louis VANEAU
1811 – 1830 — Élève de Polytechnique, mort pendant les Trois Glorieuses, il incarne l’héroïsme juvénile. Son nom vit dans le métro parisien, orthographié correctement — détail piquant quand on observe sa stèle.
Agnès VARDA
1928 – 2019 — Photographe et cinéaste, figure majeure du cinéma d’auteur, elle signa une œuvre libre et inventive, dont Jacquot de Nantes, hommage bouleversant à Jacques Demy, son compagnon.
Daniel VARSANO
1953 – 1988 — Dernier compagnon de Thierry Le Luron, pianiste d’exception, interprète majeur de Satie, il brilla très jeune avant de mourir à trente-cinq ans. Un destin bref, comme interrompu en plein accord.
Simone VEIL
1927 – 2017 — Cénotaphe. Panthéonisée avec son époux le 1er juillet 2018, elle demeure une figure de courage civique, de mémoire et de justice, dont le nom traverse la conscience française.
Alfred Armand VELPEAU
1795 – 1867 — Médecin et chirurgien, auteur de traités influents, il fit œuvre de savant et d’écrivain. On lui doit notamment la bande médicale qui porte son nom, signe d’une médecine tournée vers l’efficacité et le soin.
Jean VERCORS
1902 – 1991 — Résistant et écrivain, auteur du Silence de la mer, il cofonda les éditions de Minuit en 1941, donnant à la clandestinité une voix littéraire et une dignité.
Jacques VERGÈS
1925 – 2013 — Avocat célèbre pour ses plaidoiries retentissantes, il incarna une figure combatteuse et controversée du barreau, choisissant souvent les causes qui divisent — parfois jusqu’au scandale.
Gilles VERLANT
1957 – 2013 — Journaliste, biographe et animateur de télévision, il est notamment l’auteur d’une biographie de référence consacrée à Serge Gainsbourg, qu’il aborda avec sens du détail et goût des nuances.
Joseph VERMOT
1829 – 1893 — Fondateur du célèbre Almanach Vermot, toujours édité, miroir « franchouillard » et populaire mêlant humour, anecdotes et récits. Un objet de culture de masse, parfois consternant, mais parfaitement de son temps.
Françoise VERNY
1928 – 2004 — Éditrice de grand style, journaliste et femme de lettres, surnommée « la papesse de l’édition », elle révéla des talents, accompagna des œuvres, et pratiqua l’édition comme un art de la reconnaissance.
W
Henri WALLON
1812 – 1904 — Historien et homme politique, auteur en 1875 de l’amendement qui assit durablement la République, ministre, sénateur à vie : une figure de charpente institutionnelle, souvent plus décisive que spectaculaire.
Paul WERMUS
1946 – 2017 — Journaliste et chroniqueur, à la radio comme à la télévision, il pratiqua l’entretien avec une indépendance d’esprit rare, révélant les coulisses du spectacle et du pouvoir sans céder aux pressions.
François WEYERGANS
1941 – 2019 — Écrivain franco-belge, académicien, lauréat du Renaudot puis du Goncourt, il appartient à ces auteurs que l’on relit : une fois pour le plaisir, une autre pour entendre la mécanique fine du style.
Anne WIAZEMSKI
1947 – 2017 — Petite-fille de François Mauriac, actrice et romancière de l’intime, elle fit de sa jeunesse et de ses années auprès de Godard une matière littéraire récompensée, mêlant mémoire, lucidité et délicatesse.
WILDENSTEIN (Famille)
Nom célèbre dans le monde de l’art, associé à des collections prestigieuses autant qu’à des affaires judiciaires et fiscales. Une dynastie dont l’aura mêle, comme souvent, lumière et ombre.
Willy
1859 – 1931 — Époux et « exploiteur littéraire » de Colette, il fit écrire sous son nom une œuvre dont la postérité restitua peu à peu la véritable voix : celle de Colette, enfin reconnue.
Georges WOLINSKI
1934 – 2015 — Dessinateur de presse, humaniste satirique, il fut assassiné le 7 janvier 2015 lors de l’attentat contre Charlie Hebdo. Sa mémoire demeure celle d’un trait libre, d’une douceur ironique.
Z
Ossip ZADKINE
1890 – 1967 — Sculpteur d’origine russe, maître du cubisme, dont une œuvre monumentale se dresse non loin d’ici. Son nom est l’un des piliers plastiques de Montparnasse.
ZAO-WOU-KI
1920 – 2013 — Peintre de la Nouvelle École de Paris, ami de Soulages, Miró et Michaux, sa tombe est parée d’une œuvre de sa main, comme une dernière fenêtre ouverte sur l’espace intérieur de ses toiles.
Gustave ZÉDÉ
1825 – 1891 — Ingénieur naval, créateur du Gymnote, premier sous-marin opérationnel français, il incarne une modernité technique où l’audace précède souvent la gloire.
Sabina ZLATIN-YANKA
1907 – 1996 — Figure lumineuse de la Résistance, fondatrice en 1943 de la colonie des Enfants d’Izieu, elle porta jusqu’au bout la protection des plus fragiles. Les enfants furent arrêtés par les nazis de Klaus Barbie : la mémoire d’Izieu demeure l’une des plus douloureuses de notre histoire.















































































































































































































































































