Juliette Gréco
Juliette Gréco (1927–2020) fut bien plus qu’une chanteuse ou une comédienne : elle incarna une voix, une silhouette, une liberté. Figure tutélaire de l’après-guerre, elle demeure l’un des visages les plus immédiatement reconnaissables de Saint-Germain-des-Prés, dont elle fut l’âme grave et lumineuse.
Fille d’une résistante déportée à Ravensbrück, elle traverse très jeune l’épreuve de la guerre. À la Libération, sa haute silhouette noire, son port altier et son timbre grave deviennent les emblèmes d’un Paris intellectuel en quête de sens. Elle fréquente les caves de la rive gauche, croise Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Boris Vian, Raymond Queneau. Sartre dira d’elle qu’elle possède « des millions de poèmes dans la voix ».
Très tôt, la chanson s’impose comme son royaume. Elle prête sa voix aux plus grands poètes : Jacques Prévert, Léo Ferré, Raymond Queneau, Guy Béart, Serge Gainsbourg. Elle n’interprète pas, elle habite les mots, leur conférant une gravité singulière, parfois mélancolique, toujours profondément humaine.
Parallèlement, Juliette Gréco mène une carrière de comédienne, au théâtre comme au cinéma, sous la direction de Jean-Pierre Melville, John Huston ou Louis Malle. Elle traverse les décennies sans jamais se figer, demeurant une figure de liberté farouche, refusant les assignations et les compromissions.
Jusqu’à un âge avancé, elle continue de monter sur scène, portée par une fidélité absolue à la parole poétique. Juliette Gréco repose aujourd’hui au cimetière du Montparnasse, comme une évidence, au cœur de ce quartier dont elle fut, pour toujours, la voix nocturne.
Informations
- Nom : Juliette Gréco
- Naissance : 7 février 1927, Montpellier
- Décès : 23 septembre 2020, Saint-Tropez
- Profession : Chanteuse et actrice,
- Division : 7